Réussir Grandes Cultures 10 décembre 2012 à 16h46 | Par Ludovic Vimond

Véhicules agraires - Bien choisir les pneus de ses remorques

Les pneumatiques des véhicules remorqués sont parfois sous-considérés. Une négligence qui peut affecter les sols, mais aussi le bilan comptable de l’exploitation.

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En baissant la pression, on diminue la résistance au roulement par rapport au même pneumatique surgonflé, sur sols meubles. Sur route c'est le contraire.
En baissant la pression, on diminue la résistance au roulement par rapport au même pneumatique surgonflé, sur sols meubles. Sur route c'est le contraire. - © L. Vimond

Ces dernières années, la réflexion sur le choix des pneumatiques de remorques agraires a profondément changé. « On n’achète plus les pneumatiques aujourd’hui de la même façon qu’il y a cinq ans », explique Jean-Yves Augereau, commercial pour les remorques Rolland. « Il y a quinze ans, on remplaçait les pneus de camion rechapés par des pneus agraires diagonaux, poursuit Stéphane Dubié, responsable pneumatiques agricoles chez Copadex. Aujourd’hui, le radial supplante le diagonal pour sa souplesse, sa longévité, sa résistance à l’effort... »

Et il reste une marge de progrès... « Cette question des pneus de remorques est parfois sous-estimée, certains agriculteurs n’hésitant pas à investir dans des pneumatiques à technologie Ultraflex IF ou VF sur leur tracteur, alors qu’ils continuent de traîner une remorque avec des pneus inadaptés gonflés à plus de 3,5 bars », affirme-t-on chez Michelin.
Aussi, l’offre en pneumatiques de type radial est importante. Certains équipementiers cherchent en effet à offrir la gamme la plus large possible, afin de répondre aux différents critères d’utilisation : « Quelle charge va-t-on appliquer sur ces pneumatiques ? Est-ce que la remorque va servir quinze jours ou six mois par an ? Est-ce un pneu pour faire beaucoup de route ? À quelle vitesse ? Ou au contraire, le pneu va-t-il être utilisé au champ et dans ce cas quel profil choisir pour respecter le sol ? À quelles saisons va-t-il intervenir ? Sur quel type de sol ? », liste François Girard, directeur commercial France d’Alliance.


COMBINER CHARGE ET VITESSE

Il est difficile de concilier vitesse, capacité de charge importante et basse pression. « Une grande majorité des véhicules remorqués en France ne sont homologués qu’à 25 kilomètres/heure, rappelle François Girard. Dans les faits, pour faire face à la charge de travail, ils roulent à 40-45 kilomètres/heure », quand ils ne sont pas en surcharge.

« La basse pression, c’est-à-dire en dessous d’un bar, n’existe pas sur les pneus de remorques agricoles, poursuit Stéphane Dubié. Charger et rouler vite, implique forcément des pressions élevées. » En revanche, en surdimensionnant les pneumatiques de sa remorque (indices de charge et/ou de vitesse élevée), l’opérateur dispose d’une plus grande marge de manœuvre pour baisser la pression des pneus. Cela se traduit bien souvent par des pneus hauts, offrant une large surface d’empreinte plate.


Ces pneus bénéficient d’une double, voire d’une triple ceinture d’acier qui maintient la surface de contact de la bande de roulement, limite l’usure et la consommation, mais résiste également aux efforts latéraux, notamment lorsque la remorque est chargée en dévers ou lorsque l’on benne. « C’est aussi un gage de confort au transport », ajoute Frédéric Ivancich de Nordic Pneus pour Nokian et Starco.

Au champ, les radiaux hauts et larges limitent la résistance au roulement, ce qui se traduit par un moindre besoin en traction et par des économies de carburant. D’un point de vue pédologique, la compaction des sols et l’orniérage sont réduits, tout comme leur impact sur les rendements des cultures suivantes.


UN PNEU ADAPTÉ AUX CONDITIONS


Outre la structure globale du pneumatique, la qualité de gomme et les sculptures jouent également un rôle important. Pour une utilisation majoritairement routière, un pneu doté de nombreux pavés et pourvu de crampons épais est synonyme de longévité et d’un bon rende- ment routier. À l’inverse, si la benne est amenée à évoluer souvent dans des conditions difficiles (sols frais, voire boueux), mieux vaut choisir un pneu à crampons en V et ajourés pour offrir un bon débourrage et limiter les glissements en dévers.


Entre les deux, il existe des pneus mixtes, conçus pour une utilisation mi-route, mi-champ : ils affichent une bande de roulement centrale à pavés pour la longévité routière et des crampons de biais de chaque côté pour faciliter le débourrage.


Autre caractéristique à prendre en compte: l’épaulement, c’est-à-dire la zone du pneu entre le flanc et la bande roulement. Pour intervenir dans des cultures en place, mieux vaut privilégier un épaulement arrondi qui respecte mieux les cultures. Qui plus est, le pneu ripe moins lorsque l’on tourne. En revanche, un épaulement angleux offre plus de stabilité en dévers et au bennage.

Retrouvez l'article intégral dans le numéro 264 de Réussir Grandes Cultures et le numéro 265 de Réussir Lait et Réussir Bonvins Viande.

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remy olivier | 25 juin 2013 à 19:30:49

je viens d'acheter une benne LA LITTORALE c225 de 18t le garage me l'equipe de pneu BANDENMARK 560 /60/22.5 r quelle pression pour éviter un tassement trop fort .MERCI DE ME CONSEILLER;

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