Réussir Grandes Cultures 09 février 2017 à 08h00 | Par Valérie Noël

Un marché du sucre qui pourrait vite s’orienter à la baisse

Les cours mondiaux (et européens) du sucre ont rebondi en 2016. Mais l’afflux de production liée à la fin des quotas européens n’est pas que de bon augure…

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Du fait de la mauvaise image du sucre et des taxes afférentes à son utilisation, de plus en plus de boissons sont fabriquées avec des édulcorants.
Du fait de la mauvaise image du sucre et des taxes afférentes à son utilisation, de plus en plus de boissons sont fabriquées avec des édulcorants. - © P. Cronenberger

Bonne nouvelle, les cours mondiaux du sucre ont repris des couleurs en 2016, flirtant de nouveau avec les 500 euros/tonne après deux années de baisse. Deux campagnes déficitaires ont permis d’apurer les stocks. Encore sous quota pour 2016-2017, l’Union européenne reste connectée aux prix mondiaux : elle a donc profité de la reprise. Toutefois, à fin octobre 2016, des prises de bénéfice pesaient à la baisse sur les prix. Fin décembre, le marché était à l’affût d’un problème au Brésil ou en Asie susceptible de relancer les cours.

Le sucre a très mauvaise presse

Quid de l’avenir à court terme ? Les perspectives sont mitigées. D’abord parce que de manière générale, « le sucre fait souvent les gros titres, mais il a très mauvaise presse dans le monde, a souligné Stefan Uhlenbrock, analyste pour FO Licht, le 6 décembre, lors du congrès de la CGB (Confédération générale des betteraviers), à Paris. Il est jugé responsable de tous les maux », diabète et surpoids en tête. Conséquence, de plus en plus de pays mettent en place des taxes sur les boissons sucrées. Cela se traduit par un développement du marché des édulcorants, particulièrement dans les boissons aux États-Unis. « Ce marché n’absorbe que 7 % de la demande totale du pays en sucre », a indiqué Stefan Uhlenbrock, rappelant que par ailleurs, si la population mondiale continuait d’augmenter, le taux de croissance ralentissait.

Or la fin des quotas européens va conduire à une hausse de la production de sucre. En France, « l’augmentation des surfaces pour 2016 est quasiment certaine, souligne Alain Jeanroy. Une partie va aller dans l’éthanol mais il restera environ 1 million de tonnes de sucre en plus, soit une augmentation de 20 % de la production moyenne des cinq dernières années ». Au plan européen, la hausse envisagée est de 10 à 15 % à court terme. « Or il faut compter 1 million de tonnes de consommation en moins dans l’Union», prévoit Alain Jeanroy. Car la fin des quotas sucre sonne aussi la fin des quotas d’isoglucose, issu du maïs. Pour le directeur de la CGB, « sans investissement supplémentaire mais en boostant les usines, la production pourrait passer de 0,7 million de tonnes à 1,4 voire 2 millions de tonnes, principalement localisées en Europe de l’Est ». L’export vers les pays tiers sera donc indispensable. Selon les calculs de Stefan Uhlenbrock, « un faible prix du sucre de l’UE pourrait coïncider avec un prix de la betterave à 16 % de sucre de 25 euros/tonne ». Ouf ?

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