Réussir Grandes Cultures 12 octobre 2012 à 14h15 | Par Gaëtan Coisel

Travail du sol - Deux façons de se débarrasser des pierres

L'empierrement chronique des parcelles contraint les agriculteurs à se débarrasser des pierres en les ramassant ou en les broyant.

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- © R. Paillat

La stratégie d'épierrage est fonction de l'infestation et de la nature des pierres qui sont souvent sources de casse de matériel, de mauvaise germina- tion, voire de phytotoxicité... Alors lorsque le ramassage manuel devient trop laborieux, deux solutions s'offrent à l'agriculteur : le ramassage ou le broyage. « Le choix est vite fait, explique Cédric De Bourayne, responsable commercial chez Kirpy. En agriculture, on se contente souvent de broyer les pierres calcaires uniquement. Pourtant, on est capable de tout broyer, mais recharger les marteaux du rotor tous les 200 mètres, dans les cas extrêmes, serait prohibitif. »

UN SOL SEC ET PRÉPARÉ

Pour limiter l'empierrement chronique, il est nécessaire de refaire l'opération périodiquement, donc d'ajuster la durée de sa rotation en fonction du broyage ou du ramassage. La plupart du temps, le ramassage ou le broyage s'effectue de la mi-août à la mi- septembre, voire au printemps dans certains cas, si les conditions le permettent. Le sol doit être préparé de façon à faire ressortir un maximum de cailloux. La terre doit obligatoirement être sèche et la plus dépourvue possible de débris végétaux.

ANDAINAGE QUASI OBLIGATOIRE

Hormis les appareil combinés (andaineur/ramasseuse ou andaineur/broyeur), il est généralement nécessaire d'andainer avant. Cette étape est rapide et peu coûteuse, contrairement au broyage ou au ramassage, souvent qualifié de tâche ennuyeuse. En effet, les deux types d'outils dépassent rarement le kilomètre par heure. Les pierres broyées sont restituées en farine ou en très petit morceaux. Les pierres ramassées sont utilisées ou vendues pour empierrer. Dans le cas de veines de pierres affleurantes, certains agriculteurs ont recours à des broyeurs issus du secteur des travaux publics, équipés d'un plus grand nombre de marteaux. « L'objectif est d'écrêter le dessus de la roche à une profondeur pouvant atteindre 40 centimètres, souligne Éric Bugnot, de la société éponyme. Cette méthode a aussi pour vocation de limiter les interventions régulières dans les parcelles. On a toutefois peu de recul dans le secteur agricole. »

Voir aussi sur http://www.agribourgogne.fr/rubrique.php?arch_num=1810

« Ramasser les pierres n'est pas de l'argent perdu »
Lassé de ramasser des pierres manuellement, Roland Paillat, céréalier à Pardines (Puy-de-Dôme) a fait le choix, en 2009, de s'équiper d'une ramasseuse. « Avant nous enlevions le plus gros à la main et nous nous arrangions du reste pour semer », se souvient l'agriculteur. Très contraignantes, les pierres étaient, pour l'agriculteur, source de mauvaise implantation, donc de baisse du potentiel des terres, mais aussi un risque de casse du matériel. « Depuis que je me suis équipé, mes rendements se sont améliorés d'en- viron 10 à 15 % dans les parcelles les plus criblées», précise le céréalier. Dans la région, il n'est pas question de broyer les pierres, qui sont pour la plupart d'origine volcaniques ou des galets de rivière. De plus, elles sont valorisées lors de remblais ou d'encaissements. La ramasseuse de pierres Stonebear de Kongskilde récolte une trentaine d'hec- tares par an, surface qui ne cesse d'évoluer.
0,5 À 1 KILOMÈTRE À L'HEURE
« Pour amortir le matériel, acheté 35 000 euros à l'époque, je me suis lancé dans la prestation de service (100 euros de l'heure), au départ pour dépanner ou pour satisfaire la curiosité de certains », reconnaît l'agriculteur. Côté mise en oeuvre, « nous ramassons les pierres d'août à fin octobre et parfois au printemps ». Le sol doit être préparé avant le passage de la machine. « L'idéal est un labour suivi d'une préparation de semis. » La Stonebear andaine et ramasse en même temps. Le tracteur de 110 chevaux est largement suffisant. La machine est peu tirante. Elle travaille sur une largeur de 4 mètres. Deux rotors à dents droites, tournant dans le sens inverse de celui de l'avancement, rassemblent les pierres au centre de la machine. Ces dernières sont reprises par de grandes dents droites de vibrocul- teur, qui les convoient sur une grille de calibrage, afin de les diriger dans la trémie, ou de les reposer au sol suivant leur taille. « Le calibrage de la grille permet de récolter des pierres de 5 à 40 centimètres de diamètre. Le débit de chantier dépend de la densité de pierres ! La vitesse d'avance- ment oscille entre 0,5 et 5 kilomètres/heure et la machine demande beaucoup d'atten- tion. Le bennage de la trémie de 1 800 litres oblige parfois à s'arrêter tous les 50 mètres suivant la quantité de pierres. Cette étape délicate contraint à benner dans des remorques ne dépassant pas 2,20 mètres. Cela rend la tâche fastidieuse. J'ai d'ailleurs confié ce travail à mon fils, Vincent, qui mène la machine durant la saison », explique Roland Paillat. Dans la région, le rendement de pierres à l'hectare varie entre 50 et 70 tonnes. Jusqu'à aujourd'hui, tout le monde conserve ses pierres en tas.

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