Réussir Grandes Cultures 01 octobre 2013 à 09h57 | Par Ludovic Vimond

Tracteurs : il y a standard et standard

Les tracteurs à châssis traditionnel jouent la carte du bon rapport polyvalence/prix. On peut néanmoins distinguer plusieurs architectures…

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Allure ramassée, empattement plus ou moins court, capot avant quasiment aligné avec l’avant des roues pour le tracteur européen (à gauche). Empattement court et nez proéminent  pour le tracteur américain.
Allure ramassée, empattement plus ou moins court, capot avant quasiment aligné avec l’avant des roues pour le tracteur européen (à gauche). Empattement court et nez proéminent pour le tracteur américain. - © Massey Ferguson/John Deere

Au-dessus de 300 che-vaux, la majorité des ventes correspondent aux tracteurs standard, c’est-à-dire à châssis fixe, quatre roues inégales avec un essieu directeur avant. « Il offre le meilleur rapport polyvalence/prix », annonce Simon Loquais, chef produits tracteurs Claas. Ces tracteurs de plus de 300 che-vaux sont relativement légers (10 à 13 tonnes) et peuvent être utilisés au transport : impossible cependant de ne pas dépasser les 40 tonnes prévues par la réglementation, avec une benne tridem de 32 tonnes chargée à bloc ! Avec un pont avant et une cabine suspendus, le tracteur standard arrive en haut du classement en termes de confort.
Souvent doté d’un relevage frontal, voire d’une prise de force avant, il peut combiner un outil avant à un outil arrière, mais également être lesté sur le relevage frontal et dans les roues arrière pour faire de la traction lourde (déchaumage profond, labour) et atteindre les 45 à 50 kilogrammes par cheval pour une traction efficace. Un tracteur de 400 chevaux doit ainsi être lesté au minimum à 18 tonnes : attention à ne pas dépasser le PTAC avec un outil porté. « Outre le poids, l’équilibre du tracteur et une bonne monte de pneus sont des facteurs déterminants pour la traction lourde », ajoute François Cathelineau, chef produits tracteurs de forte puissance chez John Deere.


Les pneus de demain


Pour ce qui est des pneumatiques, les équipementiers proposent aujourd’hui une offre adaptée et anticipent même les besoins de demain. Néanmoins, pour passer la puissance au sol en traction lourde, le montage de jumelage est souvent obligatoire, ce qui pénalise le gabarit du tracteur au transport.
En ce qui concerne l’équilibre des tracteurs, on distingue majoritairement deux écoles : l’européenne et l’américaine. Cette dernière est représentée par les Magnum de Case IH et les 8R de John Deere. Longs (6,16 à 6,43 mètres), ces tracteurs se distinguent par un capot proéminent dépassant d’un mètre la roue avant. Par nature, ces tracteurs proposent une répartition des masses avancée (jusqu’à 50 % sur l’avant sans les masses), avec un empattement court.

 

Européens plus légers


Plus ramassés (5,6 à 5,7 mètres de long), « les tracteurs européens ont davantage été dessinés pour être polyvalents, alors que les tracteurs américains, bien que polyvalents, sont plus spécialisés pour la traction », poursuit François Cathelineau. « L’équilibre avant-arrière des tracteurs européens est plus proche des 40 %-60 %, ajoute Antoine Brissart chef produits tracteurs Fendt. De plus, le poids de base, c’est-à-dire sans lestage, est moins important : un Fendt Vario 900 peut être allégé à 8,7 tonnes, réservoir à carburant plein, quand un tracteur américain peinera à descendre sous les 12 tonnes. Aujourd’hui, avec les techniques sans labour, on a besoin de puissance pour emmener de larges outils à grande vitesse. Au transport, c’est la même chose. Plus le tracteur est léger, moins on consomme de carburant et moins on use les pneumatiques. »

Le New Holland T8 affiche une longueur comparable 
aux tracteurs américains, mais son long empattement 
lui donne un équilibre proche des Européens.
Le New Holland T8 affiche une longueur comparable aux tracteurs américains, mais son long empattement lui donne un équilibre proche des Européens. - © L. Vimond

 


Entre Européens et Américains


Avec une longueur hors tout de 6,37 mètres et un empattement de 3,45 mètres, voire près de 3,55 mètres avec la transmission à variation continue, le New Holland T8 se distingue à la fois des tracteurs européens et des tracteurs américains. « En soi, un empattement long est plutôt un handicap pour la maniabilité, annonce Nicolas Morel, responsable produits tracteurs New Holland. Mais le châssis a été dessiné de façon à pouvoir braquer très court, avec un rayon de braquage supérieur de seulement 20 centimètres par rapport à son prédécesseur, le T8000, équipé du pont Super-Steer. » Le responsable produits avance d’autres avantages de l’empattement long des T8 : « Cela procure une bonne stabilité au tracteur et plus de confort, car il balance moins d’avant en arrière. Enfin, l’équilibre est meilleur. En termes de lestage, 1,2 tonne suffit sur l’avant quand il faut 1,8 à 2 tonnes sur un tracteur de type européen. »

- © G. Coisel

Pour en savoir plus :

voir dossier de Réussir Grandes Cultures de septembre 2013. RGC n°272, p. 58 à 67.

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