Machinisme 09 juillet 2013 à 08h00 | Par G.Coisel

Stockage - Une solution nomade pour sécher ses récoltes

Les séchoirs mobiles séduisent une clientèle à la recherche d’une solution polyvalente à moindre coût et aux performances honorables face à des solutions fixes.

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Le séchoir mobile dispense l’agriculteur de disposer d’un permis de construire qui, suivant la localité, peut poser problème.
Le séchoir mobile dispense l’agriculteur de disposer d’un permis de construire qui, suivant la localité, peut poser problème. - © Dario

Avoir recours au séchoir mobile pour abaisser le taux d’humidité de sa récolte de maïs et de plus en plus couramment de ses céréales, protéagineux voire même oléagineux, reste une solution intéressante. Surtout ces dernières années à la météorologie capricieuse. Pour donner un peu plus de souplesse à la période de moisson ou même sauver la récolte, certains agriculteurs n’ont pas hésité à sécher toutes leurs récoltes. Le séchoir mobile, plus abordable qu’une solution à colonne, s’envisage généralement pour de petits volumes à traiter. Ce n’est pas pour autant que les performances d’un séchoir mobile sont ridicules face à celles d’un séchoir à colonne, à poste fixe, que l’on rencontre habituellement chez les organismes stockeurs. Cepen-dant, le séchoir mobile reste généralement contraignant en main-d’œuvre, notamment pour le remplissage et la vidange, malgré certains automatismes optionnels.

Sécher des céréales

Cette solution nomade a pour avantage de pouvoir se déplacer d’un site à l’autre d’une même exploitation, chez un voisin ou chez des clients dans le cadre d’une prestation ou d’une location. Le séchoir, le plus souvent à forme cylindrique, repose sur un châssis de un ou deux essieux pour faciliter les déplacements. La capacité, de 5 à 50 tonnes, et par conséquent le gabarit conditionnent l’organisation du transport. Les plus gros modèles avoisi- nent les 4 mètres de diamètre et peuvent dépasser 5 mètres de hauteur lors du transport.

Les dernières générations de brûleurs de séchoirs mobiles fonctionnent avec tous types d’énergies : fioul, gaz, électricité, biocarburant et bientôt bio-énergie. Le fioul est le plus courant, car plus pratique en termes de logistique. Étant utilisé à poste fixe, le séchoir ne nécessite pas l’emploi de GNR. Une simple déclaration à la préfecture permet alors de récupérer la TICPE(1). Le gaz revient souvent moins cher que le fioul, mais le coût du brûleur spécifique, de 2 000 à 3 000 euros plus cher à l’achat, peut dissuader pour de petits volumes à sécher. De plus, cette solution consiste à rendre « sédentaire » le séchoir mobile, sauf si l’on dispose de citernes aux différents lieux de séchage. L’électricité est souvent réservée à des petits modèles. Quant à l’alternative des énergies renouvelables, les constructeurs y travaillent, mais n’ont pour l’instant pas réussi à proposer un système fiable et performant à un prix satisfaisant. Des solutions adaptées à l’agriculture biologique existent. La tête de chauffage directe est alors remplacée par un échangeur de chaleur.

En termes de performances, le rendement énergétique d’un séchoir mobile reste inférieur à celui d’un modèle à colonne, car le séchoir mobile n’est pas isolé. Selon Amandine Bonnery, d’Arvalis-Institut du végétal « on constate une consommation de fioul 15 % supérieure. Néanmoins, l’investissement à l’achat reste moins onéreux, car il ne nécessite pas de fosse ou d’élévateurs à grains par exemple ».


Automatiser le chargement et la vidange reviendrait finalement à « sédentariser » l’installation mobile ! La spécialiste insiste sur le fait « qu’il faut profiter de la mobilité de ce type d’appareil pour réaliser une acquisition à plusieurs, ce qui rend le séchoir encore plus intéressant ».

 

 

(1) TICPE : Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques, anciennement TIPP.

Principe de fonctionnement d’un séchoir mobile

 

Le séchage s’effectue en quatre étapes souvent gourmandes en main-d’œuvre.

 



Le chargement,première manœuvre, consiste à remplir de grain l’intérieur du cylindre par le haut. Plusieurs solutions sont proposées : directement depuis une benne, une trémie « tampon » ou une fosse via une vis d’alimentation, ou simplement au godet à céréales.

 

Le séchage, deuxième étape, consiste à réchauffer l’air extérieur par l’intermédiaire d’un brûleur. L’air chaud est ensuite diffusé à l’intérieur de la colonne. L’humidité du grain s’échappe alors. Pour assurer une bonne homogénéité du produit, une colonne de brassage par vis, animée électriquement ou par prise de force, remonte le grain en permanence, et des racleurs dans le fond conique du séchoir agitent le grain. Certains constructeurs profitent de cette étape pour nettoyer le grain des impuretés, elles aussi humides. Au final, un grain plus propre est plus rapidement à la température exigée.

 

Le refroidissement s’effectue une fois les grains secs. Le brûleur est alors coupé et le grain continue d’être ventilé et agité à l’intérieur du séchoir.

 

Le déchargement, à droite ou à gauche du séchoir, s’effectue par le haut en se servant de la vis de brassage.


Plusieurs types de grilles
sont possibles suivant les cultures. Un perçage plus fin est nécessaire pour le colza. Cette option se réfléchit à l’achat, les grilles n’étant pas interchangeables.

Par ailleurs, les grilles rendent possible le contrôle visuel du séchage et la détection de départs d’incendie. Les oléagineux comme le tournesol ont tendance à prendre feu dans un séchoir mobile. Ce type d’accident est impossible avec un séchoir à colonne.


Quant aux performances de séchage,
« elles varient selon les conditions de température et d’humidité. En moyenne, en maïs, il faut quatre heures pour descendre de 30 à 15 % d’humidité. En céréales, il faut compter deux à trois heures pour passer de 18 à 15 %, explique Hervé Bourie d’Euromat. Suivant les régions, 2 kilos de fioul (1,7 kg de gaz) par quintal sec sont nécessaires pour sécher du maïs ou des céréales »

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