Réussir Grandes Cultures 07 avril 2017 à 08h00 | Par Valérie Noel

Roumanie : du maïs irrigué sans contrainte pour Michel Créteur

Installé depuis plus de 15 ans en Roumanie, Michel Créteur y exploite aujourd'hui 2600 hectares, où il peut faire du maïs comme il l'entend.

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Michel Créteur estime ses charges à peu près identiques à celles qu'il a en France, les gains sur les intrants étant compensés par les dépenses en main d'oeuvre.
Michel Créteur estime ses charges à peu près identiques à celles qu'il a en France, les gains sur les intrants étant compensés par les dépenses en main d'oeuvre. - © DR

L'envie d'aller voir ailleurs de Michel Créteur, exploitant dans les Ardennes, date de la chute du mur de Berlin. « J'ai réfléchi aussitôt à un projet sur l'Allemagne de l'Est, mais ça n'a pas abouti », explique-t-il. Le contexte était trop tendu. Qu'à cela ne tienne,l'agriculteur ira en Roumanie faire du maïs, une culture qu'il apprécie et qui profitera des bonnes terres et des disponibilités en eau. « J'y suis allé 7 ou 8 fois la même année pour trouver un site, et l'année d'après, j'ai ouvert une ligne de crédit », explique-t-il.

Deux cadres français embauchés immédiatement

L'exploitant s'implante sur 2000 hectares au sud-est du pays, pas loin de Bucarest et de la mer Noire, dans des terres de qualité. Ce qui selon lui a beaucoup contribué à sa réussite, c'est d'avoir embauché tout de suite deux cadres français au statut d'expatrié, via une société française propriétaire de la ferme roumaine. « L'un d'eux est toujours en place, signale-t-il. Il a ma confiance. Je me déplace 7 à 8 fois par an, à raison d'une semaine voire de 3 à 4 jours maintenant ».

Des premiers temps difficiles en raison des emprunts

Les premiers temps sont difficiles : l'agriculteur est parti sans fonds propres, empruntant autour de 2 millions d'euros. Il est donc obligé de réinvestir tous ses profits pour faire fonctionner sa ferme. « Mais on avait l'impression de construire quelque chose », explique-t-il. L'agriculteur se voit rapidement obligé de changer d'emplacement pour pouvoir s'agrandir. Il gardera longtemps deux sites distants de 30 km, ce qui est loin d'être très pratique. En manque de fonds, il est également obligé de s'associer... Jusqu'à devenir minoritaire dans sa propre structure. « Aujourd'hui, tout est rentré dans l'ordre : nous avons 2600 hectares presque d'un seul tenant et je suis de nouveau majoritaire. Mais ça n'a pas toujours été évident ».

Du maïs irrigué qui produit 100 à 120 q/ha

Comme prévu au départ, l'assolement repose sur le maïs qui couvre 1000 hectares entièrement irrigués et produit 100 à 120 q/ha. Sur ses 700 ha de blé, l'agriculteur obtient autour de 60 à 70 q/ha, 35 q/ha en tournesol et 50 à 60 q/ha d'orge. « Les charges sont à peu près les mêmes qu'en France, observe-t-il. Les phytos et les engrais coûtent un peu moins cher mais il y a la main d'oeuvre, une vingtaine de salariés. La location est assez chère, de 150 à 200 euros/ha ». L'agriculteur vend désormais ses productions essentiellement aux traders internationaux, tels Cargill ou Toepfer. « Nous sommes sûrs d'être payés ! ». 18 ans après et pas loin de prendre sa retraite, Michel Créteur n'a pas de regret : certes il a pris beaucoup de risques, mais « ça rapporte un peu d'argent », comme il le dit modestement.

Retrouvez d'autres articles concernant des agriculteurs qui exploitent à l'Est de la France : Rémi Tardieu et ses 1750 hectares en Pologne, ainsi que Jean-Paul Kim et Florian Garnier, qui se sont installés tous deux en Ukraine, l'un à l'Est et l'autre à l'Ouest.

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