Réussir Grandes Cultures 03 mai 2013 à 17h02 | Par Ludovic Vimond

Récolte - Bien chausser sa moiss’-batt’

Pneumatiques grand diamètre, technologie IF et chenilles constituent de nouvelles stratégies pour équiper des machines de plus en plus lourdes, tout en conservant un gabarit acceptable.

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La structure des pneus IF autorise une charge importante
à pression réduite, ce qui se traduit par une empreinte
plus étendue, aussi bien en largeur qu’en longueur.
La structure des pneus IF autorise une charge importante à pression réduite, ce qui se traduit par une empreinte plus étendue, aussi bien en largeur qu’en longueur. - © L. Vimond

La question des pneumatiques reste un sujet crucial lors de l’achat d’une moissonneuse-batteuse. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte : les coupes de plus en plus larges sont donc plus lourdes; les trémies offrent des capacités accrues, pouvant atteindre 14 000 litres et les agriculteurs cherchent à limiter la compaction des sols, tandis que d’autres ne souhaitent pas dépasser les 3,50 mètres de large sur la route, afin d’éviter l’escorte par un second véhicule. En effet, « aujourd’hui, la largeur des moissonneuses-batteuses figure comme un critère d’achat important pour un tiers de nos clients », explique Jacques Manet, chef produits chez Case IH. Pour répondre à ces exigences, on peut distinguer trois stratégies : augmenter le diamètre des roues pour accroître la surface de portance, choisir des pneumatiques IF (Improved Flexibility pour flexibilité améliorée) ou des chenilles caoutchouc pour offrir une plus grande surface de contact sans accroître le gabarit.

1 AUGMENTER LE DIAMÈTRE DES ROUES

Ces dernières années, les constructeurs ont fait évoluer leur machine pour pouvoir monter des pneumatiques de plus grand diamètre. Outre l’augmentation de charge par essieu, cette évolution permet d’accroître la surface de la bande de roulement sans changer le gabarit. Mieux, il est possible de passer d’une dimension basse et large à une dimension haute et moins large, tout en ayant une capacité de charge équivalente et une zone de contact sensiblement de même surface. Ainsi, comparé à une taille 800/65R32 (1,85 m de diamètre), la dimension 680/85R32 (1,95 m de diamètre) permet à une moissonneuse-batteuse John Deere série S de rester dans un gabarit inférieur à 3,50 mètres tout en ayant une surface au sol supérieure de 3 %. Certains constructeurs proposent même des pneumatiques dépassant les deux mètres de diamètre. Mais ce diamètre accru ne concerne pas uniquement les pneumatiques avant. Sur ses Lexion 700, Claas propose des pneumatiques arrière de 1,65 mètre, comme la dimension 500/85R30 permettant de rester dans le gabarit routier de 3,50 mètres.

Les chenilles offrent une bonne capacité de charge et une compaction des sols réduite, tout en conservant un gabarit inférieur à 3,50 mètres.
Les chenilles offrent une bonne capacité de charge et une compaction des sols réduite, tout en conservant un gabarit inférieur à 3,50 mètres. - © New Holland

2 CHOISIR DES PNEUMATIQUES À FLEXIBILITÉ AMÉLIORÉE

Parmi ces grands diamètres, une majorité dispose de la technologie IF, voire VF (Very improved Flexibility – flexibilité très améliorée). Cette dernière a été inaugurée sur les pneus de tracteur XéoBib de Michelin, avant d’être appliquée dans le monde de la récolte sur les CerexBib. Ces pneumatiques se caractérisent par leurs flancs très souples et par leurs capacités de charge élevées, notamment à faible pression (voir tableau). Aussi, ce qui prévaut sur les pneumatiques avant, vaut sur la monte arrière. L’équipementier français a récemment lancé des CerexBib VF (520/80R26 et 620/70R26). Aujourd’hui, outre Michelin, plusieurs équipementiers (Continental, Goodyear, Trelleborg) proposent la technologie IF en récolte. Avec sa récente gamme TM3000, Trelleborg prévoit même une dimension 1050/50R32 pour cette année, afin d’augmenter davantage la surface d’empreinte de ce pneumatique déjà plébiscité pour sa faible compaction. Mais attention, les pneumatiques IF ont un coût. « Selon les marques, la différence de prix entre un pneu 800/70R32 classique et son équivalent en IF varie de 2 000 à 4 000 euros », informe Guillaume Feys, chef produit moissonneusesbatteuses Claas.

3 CHOISIR DES CHENILLES POUR UNE PLUS GRANDE SURFACE DE CONTACT

« Quand on a investi dans des pneumatiques IF, on a fait la moitié du chemin vers l’équipement en chenilles caoutchouc, poursuit Jacques Manet. Aujourd’hui, l’équipement d’usine des chenilles a permis de les rendre plus accessibles. » Selon les marques et les largeurs, le surcoût par rapport à une monte de pneus classique varie de 25 000 à 45 000 euros. Monter des chenilles a posteriori présente cependant l’intérêt d’être réversible, c’est-à-dire de revenir à une monte de pneumatiques. Ces chenilles peuvent par ailleurs être montées sur d’autres engins comme le tracteur.

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