Réussir Grandes Cultures 04 janvier 2013 à 13h52 | Par Gaëtan Coisel

Pulvérisation - La cuve frontale relance le pulvé porté

La cuve frontale redonne de l’intérêt au pulvérisateur porté qui était jusqu’à présent délaissé par les exploitations céréalières, au profit de matériels traînés ou automoteurs, plus performants.

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Le pulvérisateur porté, avec l’ajout d’une cuve frontale, ne cible plus uniquement les exploitations à relief ou à petit parcellaire.
Le pulvérisateur porté, avec l’ajout d’une cuve frontale, ne cible plus uniquement les exploitations à relief ou à petit parcellaire. - © Vicon

Le pulvérisateur porté n’a plus à rougir face à la concurrence des appareils traînés ou automoteurs. Son volume de cuve atteignant presque les 2 000 litres sur certains modèles et sa rampe se déployant jusqu’à 30 mètres, pour les plus imposants d’entre eux, font du pulvérisateur porté un appareil performant. Mais s’il marque aujourd’hui son grand retour dans les exploitations de grandes cultures, c’est en partie grâce à la possibilité d’y greffer, sur le relevage avant du tracteur, une cuve frontale de 600 à 1 100 litres, suivant les marques. Certains comparent alors cette combinaison d’outils à un « petit automoteur ». Certes, cette solution ne peut pas convenir plus ou moins abouties. D’ici peu, la capacité de ces ensembles portés dépassera même les 3 000 litres.

DEUX TYPES D’UTILISATION

Il y en a pour tous les goûts: de la cuve frontale simple à celle toute automatisée. Certaines cuves, plus économiques, ne servent que de ravitailleur d’eau claire. Dans ce cas, le mode de remplissage s’effectue soit par gravité via le trou d’homme, soit à l’aide de la pompe du pulvérisateur qui transvase ensuite le volume désiré vers la cuve frontale. Avec de la bouillie, c’est plus compliqué. Le remplissage des produits s’effectue par l’orifice de la cuve (<1,40 m de hauteur) ou par le bac incorporateur du pulvérisateur. Une fois pleine d’eau, le transfert de la cuve avant vers celle de l’arrière est possible, grâce à une seconde pompe centrifuge. Le chauffeur dispose d’une jauge mécanique, visible depuis le poste de conduite et d’une commande en cabine. À lui d’apprécier le volume à transférer d’une cuve à l’autre. Jusqu’à présent, rares sont les modèles à proposer une version automatique de la gestion du transfert de cuve. Dans le principe, deux jauges électroniques contrôlent le niveau de chaque cuve. Ensuite, suivant différents seuils de fond de cuve arrière (300, 600 ou 800 litres) à déterminer selon la capacité du pulvé, le gabarit du trac- teur et le relief du terrain, la cuve frontale se vide progres- sivement vers celle de l’arrière, sans que le conducteur n’ait à s’en préoccuper. Les cuves frontales recevant de la bouillie sont également pourvues d’un système de brassage et de rinçage adapté. Le volume d’eau claire de la cuve frontale vient s’ajouter à celui de la cuve arrière. Mais les constructeurs misent également sur l’autonomie et la polyvalence de la cuve, en proposant des solutions adaptables sur d’autres outils comme les semoirs...

UN PRIX ENTRE 3 000 À 7 000 EUROS

Outre la question du relief des parcelles, les agriculteurs optent pour une stratégie portée pour la maniabilité, les déplacements routiers à 40 km/h, mais aussi pour la pulvérisation bas volume. Toutefois, si le prix d’un équipement porté (entre 3 000 et 7 000 euros pour une cuve frontale) s’avère être nettement moins cher qu’un auto- moteur, il est très proche de celui d’une solution traînée et monopolise également un tracteur. Si le pulvérisateur porté et sa cuve frontale ont souvent été montré du doigt pour ses difficultés d’attelage, le problème est aujourd’hui résolu. La conception de la cuve est aussi un point important. Tous les constructeurs attachent de l’importance au design, à la visibilité, mais également au bon report de charge, afin d’obtenir un bon équilibre entre l’avant et l’arrière du tracteur. Enfin, avec des capacités de 3 000 litres, outre la vigilance par rapport au PTAC du tracteur, les roues trop étroites sont souvent à bannir à cause du poids de l’ensemble tracteur/outils.

- © Berthoud

RÉGLEMENTATION

Attention au PTAC

Bien souvent, un tracteur de 140-150 chevaux suffit pour travailler avec une combinaison d’outils portés. Seulement pour rester en règle vis-à-vis de la législation routière, attention à ne pas dépasser le PTAC du tracteur. Dans ce cas, il est préférable d’utiliser un tracteur au gabarit plus imposant, dont la puissance est parfois superflue. L’autre solution serait de ravitailler en eau le pulvérisateur directement depuis la parcelle.

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