Réussir Grandes Cultures 18 juin 2013 à 11h47 | Par Ludovic Vimond

Prototype - Eliminer les pierres de façon définitive

Pierre Bouhours et Rémi Durand ont mis au point une machine surdimensionnée pour ramasser les cailloux de façon définitive.

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© L.Vimond

Pesant une vingtaine de tonnes, le prototype de machine à ramasser les pierres de la jeune société Techni-Terre travaille sur 2,50 m de large, pioche jusqu’à 50 cm de profondeur et trie jusqu’à 300 tonnes de pierre par heure. À la tête de cette société, Pierre Bouhours, agriculteur, et Rémi Durand, entrepreneur de travaux publics et forestiers, ont mis un an à mettre au point cet engin unique en son genre. « Nous sommes partis d’un constat : il existe des ramasseuses de pierres, mais qui comportent malheureusement beaucoup de limites, explique Remi Durand. Elles ne peuvent intervenir qu’en superficie, sur des sols bien préparés et en conditions sèches uniquement. Certaines années, en fonction du calendrier des cultures et des conditions météorologiques estivales, certaines machines ne sortent pas du hangar. De plus, il faut repasser régulièrement pour enlever de nouvelles pierres. Et elles génèrent des frais d’entretien importants. Nous voulions concevoir une machine capable de travailler jusqu’à 50 cm de profondeur pour n’intervenir qu’une seule fois de façon définitive, sans aucun travail du sol préalable : une façon de rentabiliser au maximum la main-d’oeuvre. »

Avec un débit de chantier de 0,5 ha/h, l’appareil est également capable de travailler une grande partie de l’année. « En février, nous avons travaillé dans une parcelle de maïs grain, qui n’a jamais été labourée, à 50 cm de profondeur, avec des quantités des pierres de l’ordre de 1 000 t/ha, illustre Pierre Bouhours. Les résultats étaient plus que satisfaisants, avec très peu de terre et de résidus végétaux en sortie de convoyeur. »

Mais les aptitudes du prototype ne s’arrêtent pas à l’agriculture. « Il a été construit également pour les gros chantiers de travaux publics, poursuit-il. Nous avons été sollicité par le chantier de la LGV (NDLR : ligne à grande vitesse) pour décaisser les chemins existants. »

Pierre Bouhours et Rémi Durand, les deux associés de la société Techni-Terre.
Pierre Bouhours et Rémi Durand, les deux associés de la société Techni-Terre. - © L.Vimond

Des composants du TP

 

Pour la démonstration dans une cour de ferme, l’engin est tracté par un tracteur de 200 ch. Mais 300 ch seraient nécessaires pour être à l’aise dans toutes les conditions. Il a été conçu à partir d’éléments issus du TP, un gage de longévité ! Il se compose d’un malaxeur, une sorte de fraise achetée d’occasion, qui soulève pierres et terre et la rejette sur un tapis de transfert. Le mélange est ensuite conduit sur un crible à étoiles composé de 20 rouleaux, au travers duquel terre et graviers de 0 à 30 mm s’échappent. Les pierres sont acheminées vers l’élévateur (repliable au transport) qui décharge dans une remorque.

Sous le crible, une lame à hauteur réglable hydrauliquement assure le nivellement de la terre. Ajoutons que l’essieu se pilote hydrauliquement pour faciliter les manœuvres lors des marches arrière.

Le malaxeur soulève la terre et les pierres pour les déposer sur le tapis de transfert.
Le malaxeur soulève la terre et les pierres pour les déposer sur le tapis de transfert. - © L.Vimond

Des évolutions avant la prestation et l’industrialisation

 

Le prototype devrait encore subir quelques modifications : « le crible va être avancé juste derrière le malaxeur, car le tapis de transfert ne sert à rien, explique Pierre Bouhours. Autant raccourcir et alléger le prototype. De plus, cela nous permettra de monter des pneumatiques de plus grande dimension. » Une seconde machine devrait être construite, afin de commencer la prestation de service cet automne, avec deux ramasseuses. Dans un second temps, Pierre Bouhours et Rémi Durand devraient construire leur propre malaxeur pour corriger les petites imperfections du malaxeur.

S’appuyant sur un chaudronnier local, les deux associés planifie une mise en production des modèles de série pour l’année 2014. Le prix définitif devrait osciller entre 200 000 et 250 000 euros.

À terme, les deux associés prévoient également d’exploiter les pierres collectées, en les lavant, en le concassant et en les triant, afin de les vendre !

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titrite | 30 mars 2014 à 14:08:40

Bonjour prière m'envoyer le devis pour la ramasseuse de pierres

Angélique | 11 novembre 2014 à 10:42:14

Bonjours habitante de l'Eure , nous avons eu la chance de connaître un agriculteur qui a eu la gentillesse de nous donner toutes ses pierres de ses champs ( une pierre très jolie de couleur oranger ) elle a fait le bonheur de notre jardin en créant les bordure de nos différents massifs . Mais aujourd'hui nous recherchons encore plus de cette pierre car nous avons créé de nouveaux massifs . Si un agriculteur de l'Eure dans le coin de pacy sur Eure aurait la gentillesse de nous donner ses pierres , nous serions ravi de vous en débarrasser . badab0um1@free.fr

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