Réussir Grandes Cultures 15 janvier 2013 à 10h04 | Par Nicole Ouvrard

Politique agricole - Les cinq priorités de Stéphane Le Foll

En ce début 2013, le ministre de l’Agriculture a une lourde tâche devant lui, le premier dossier étant de mener à bien le débat sur la future PAC qui peine à avancer.

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Stéphane Le Foll. « Nous
connaîtrons les grandes lignes
de la PAC d’ici l’été 2013.
Mon objectif est de finaliser
la Loi d’avenir agricole au
deuxième semestre 2013. »
Stéphane Le Foll. « Nous connaîtrons les grandes lignes de la PAC d’ici l’été 2013. Mon objectif est de finaliser la Loi d’avenir agricole au deuxième semestre 2013. » - © N. Ouvrard

Selon le ministre de l’Agriculture, la touche socialiste de la politique agricole du gouvernement Ayrault se traduit par sa volonté de contrer le plus possible les libéraux qui voudraient supprimer toute forme de régulation à la politique agricole européenne. Pour autant, il reste réaliste car « les réticences sont importantes ». Par ailleurs, il veut faire de la France « le pays leader de l’agroécologie ». C’est ce qu’a expliqué Stéphane Le Foll le 6 décembre lors d’une rencontre avec les journalistes de l’AFJA(1).


1-LE CALENDRIER DE LA PAC.


« Ce sera difficile d’être dans les temps pour une application de la réforme de la PAC en 2014 », a reconnu le ministre de l’Agriculture, suite à l’échec des négociations sur le cadrage budgétaire fin novembre 2012. « On a déjà envisagé au Conseil européen l’hypothèse d’une année de transition entre la PAC actuelle et la réforme future, mais il n’y a pas de proposition sur la table. » L’objectif est d’arriver à un accord sur le cadrage budgétaire 2014. Stéphane Le Foll considère qu’en choisissant de défendre à la fois le budget de la PAC et celui de la politique de cohésion — les deux politiques européennes qui ont un impact direct sur la vie des citoyens européens — la France a fait preuve de cohérence.Ainsi, « elle a pu se faire entendre sur la nécessité de relever le budget de la PAC de 8 milliards d’euros » par rapport au 361 milliards d’euros de la proposition du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.


2-DIVERSITÉ AGRICOLE.


« La logique libérale dominante est d’établir une même aide à l’hectare pour tous et un découplage total, de sorte que les producteurs fassent leur choix de production uniquement en fonction des marchés », explique Stéphane Le Foll. Parce que « les céréales françaises sont compétitives », cela se traduit dans notre pays par un arrêt du lait pour faire des céréales. « La compétitivité telle que les libéraux la conçoivent est liée à cette spécialisation. Notre position est de maintenir un peu de découplage et des aides au handicap naturel parce que je n’ai pas envie que la France ne produise plus que des produits de base. Je veux préserver l’élevage avec toute sa diversité. »


3-PRIORITÉ À L’ÉLEVAGE.


La France a fait une proposition à la Commission européenne, qui a été retenue. Il s’agit de donner la possibilité aux États membres d’aider davantage les premiers hectares correspondant à la surface moyenne des exploitations du pays (en France, 52 hectares). « Cette surprime aux premiers hectares est la meilleure solution pour faire un lien entre les aides et l’emploi, car, pour les exploitations de taille moyenne, notamment en élevage, les emplois agricoles sont concentrés sur les premiers hectares », explique le ministre. « La répartition des crédits de la PAC doit être rééquilibrée en faveur des filières d’élevage », a-t-il déclaré.


4-LA RÉGULATION.

Pour Stéphane le Foll, c’est à l’échelle internationale qu’il faut intervenir en matière de régulation car les prix agricoles sont mondiaux. « Nous devons avancer sur une coopération internationale mais on ne peut pas aller trop vite car les réticences sont fortes », notamment venant des États-Unis mais aussi de l’Union européenne. « On me parle toujours des montagnes de lait et de beurre, mais les gens se trompent. Ce n’était pas, alors, la politique de stockage qui était en cause, mais la politique de prix incitatifs à la production », s’insurge-t-il. Pour lui, il faut préserver les filets de sécurité encore existants. Quant à la régulation financière, « nous soutenons pleinement les propositions de Michel Barnier, qui obtiendra sans doute une majorité au Parlement européen, mais plus difficilement au Conseil », prévoit-il.

 


5-LA FUTURE LOI D’AVENIR AGRICOLE.


Le ministre de l’Agriculture a l’intention d’appuyer sa future loi sur la nouvelle PAC 2014-2020, mais un problème de calendrier risque de se poser si cette dernière continue à prendre du retard. « Nous connaîtrons les grandes lignes de la PAC d’ici l’été 2013. Mon objectif est de finaliser la Loi d’avenir agricole au deuxième semestre 2013. » Les grandes orientations seront l’agroécologie, la méthanisation, les systèmes assurantiels, l’enseignement agricole, le foncier, l’installation et des volets spécifiques sur la forêt et l’outre-mer. « La loi aura comme fil conducteur l’évolution des modèles de production au travers des groupements d’intérêts écologique et économique », conclut le ministre.


(1) Association française des journalistes agricoles.

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