Réussir Grandes Cultures 14 janvier 2015 à 08h00 | Par Nicole Ouvrard

« Mon manque de vigilance m’a coûté une main »

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Yves Durand avec sa prothèse des villes… 
Et sa prothèse des champs.
Yves Durand avec sa prothèse des villes… Et sa prothèse des champs. - © Y. Durand

Céréalier à Margerie-Hancourt dans la Marne, Yves Durand vit aujourd’hui avec une prothèse à la main droite. Il s’est fait broyer la main dans sa moissonneuse-batteuse en juillet 2012. « La machine n’y a été pour rien. C’est moi qui ai manqué de vigilance, considère-t-il. Tous
ceux qui me connaissent m’ont dit ‘ce n’est pas possible, pas toi !’ car j’ai la réputation d’être prudent ». Il faut dire qu’Yves Durand était enseignant en agroéquipement dans un lycée agricole et faisait la leçon à ses élèves sur la sécurité.

Mais ce jour-là, il récoltait une parcelle de colza qui avait été endommagée par les pluies
d’automne. « La machine bourrait systématiquement dans une zone. Je suis descendu plusieurs fois, et à un moment j’ai éteint le batteur, mais pas le moteur, se souvient-il. Je me suis faithapper la main au niveau du récupérateur de menue-paille. J’étais tout seul dans la plaine
à 19 heures et mon téléphone portable était dans la cabine ! Heureusement, mon collègue qui ramenait la benne est arrivé et m’a emmené à l’hôpital. »
D’une grande lucidité, l’agriculteur a tout de suite compris qu’il devrait être amputé, ce qui fut fait dès son arrivée aux urgences. « Je suis resté quatre mois et demi à l’hôpital. J’ai très vite démarré la rééducation pour avoir une prothèse, puis j’ai été réopéré au bout d’un an. »

Deux ans plus tard, l’agriculteur, toujours en arrêt de travail, gère son exploitation grâce à un salarié, mais il fait tout pour revenir en activité professionnelle. « Depuis un an, j’ai une prothèse myoélectrique commandée par mes muscles du coude me permettant deux fonctions : la pince et la rotation, explique-t-il. En fait, j’ai deux mains artificielles : l’une pour ne pas faire peur aux gens qui ressemble à une vraie (à gauche), l’autre pour travailler qui ressemble
à une grosse pince (à droite sur la photo).
Et contrairement à la majorité des personnes équipées d’une telle prothèse, j’ai bien l’intention de l’user ! »

Aujourd’hui, le combat d’Yves Durand est d’adapter son matériel agricole à son handicap, surtout ses tracteurs, afin de devenir autonome. « Les solutions existent, les techniciens compétents aussi, mais personne ne veut prendre le risque de modifier une machine car il faudrait ensuite réussir à obtenir une homologation. Je me heurte à des problèmes administratifs ! »

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