Réussir Grandes Cultures 05 décembre 2005 à 11h10 | Par Michel Portier

Mise en commun de matériel - Regrouper le matériel sans oublier l´aspect humain

L´utilisation de matériel en commun est un moyen efficace de faire baisser les charges de mécanisation à condition de ne pas minimiser l´organisation du travail et de respecter les objectifs de chacun.

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Le regroupement du parc matériel de plusieurs exploitations émerge souvent d´une volonté de réduire les charges de mécanisation en réalisant des économies d´échelle. C´est aussi le moyen de réduire son temps de travail ou encore d´augmenter sa capacité de travail pour faire évoluer sa surface ou se diversifier. En effet, d´après Arvalis Institut du végétal, les charges de mécanisation et de main-d´oeuvre représentent en moyenne 45 % du coût de production sur une exploitation de grandes cultures. Mais avant d´arriver à ces résultats, il est nécessaire de mettre en oeuvre une démarche commune entre plusieurs agriculteurs.
Une réflexion de base doit permettre de vérifier que les objectifs et la stratégie de chacun des protagonistes se rejoignent. Des exploitations similaires (cultures, surfaces, phase de développement) et géographiquement proches auront plus de facilité à mettre en oeuvre le projet. Suivant le niveau d´indépendance qu´ils souhaitent conserver dans leurs travaux, les agriculteurs choisissent les matériels à mettre en commun.

D´une manière générale, les automoteurs (moissonneuse-batteuse, pulvérisateur, arracheuse) sont les plus concernés. Leur capacité et leur niveau d´investissement se justifient difficilement sur des exploitations de petite ou moyenne taille. La mutualisation facilite l´amortissement par une augmentation de la surface travaillée.
La confiance entre agriculteurs est un préalable indispensable à la mise en commun de matériel. ©J.-J. Biteau

Se faire accompagner dans la démarche
Dans le cas d´une mise en commun complète du parc, les scénarios sont nombreux, tant sur le plan économique, de l´organisation que financier. L´accompagnement par un organe extérieur comme la Chambre d´agriculture ou le centre de gestion peut apporter un regard extérieur et surtout des outils technico-économiques d´aide à la décision. La mise en commun complète n´implique pas forcément l´investissement dans du plus gros matériel, notamment si le rapprochement ne concerne que deux exploitations qui disposent de matériels récents et pas utilisés à leur plein potentiel (cf. étude d´Arvalis). L´analyse du coût à l´hectare de chaque itinéraire technique suivant différentes stratégies donne une idée des matériels à conserver et ceux à renouveler.
Mais la diminution du coût n´est pas le seul critère. L´analyse doit tenir compte des évolutions de l´organisation du travail. La logistique et la répartition des tâches sont des points décisifs à ne pas négliger. Les salariés ont notamment intérêt à s´impliquer dans le projet. Ils devront faire preuve de polyvalence et d´autonomie pour s´adapter à un système organisationnel plus complexe.
La moissonneuse-batteuse est le matériel le plus fréquemment partagé, alors que le tracteur reste souvent propre à chaque exploitation. ©S. Leitenberger

Copropriété, SARL ou Cuma suivant les besoins
Afin de garantir le bon fonctionnement du regroupement, les exploitations peuvent créer un cadre juridique de type sociétaire ou plus simplement un règlement intérieur. Une simple copropriété peut suffire lorsque la mise en commun concerne deux agriculteurs pour quelques matériels. Lorsque plus de deux exploitations sont engagées ou que la mise en commun est complète, la constitution d´une SARL ou d´une Cuma (quatre agriculteurs minimum) facilite la coordination et la gestion fiscale. Une fois le projet abouti, il ne doit pas être figé. Une réflexion régulière sur l´évolution des objectifs de chacun est un gage de pérennité et de performance. Les renouvellements de matériel seront notamment l´occasion de faire le point sur l´évolution des besoins de chacun. N´oublions pas que la mise en commun de matériel ne coïncide que très rarement avec un assolement commun.

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