Réussir Grandes Cultures 16 janvier 2014 à 08h00 | Par Gabriel Omnès

Mention de la teneur en protéine : passage obligé des contrats en blé

L’interprofession a adopté un accord imposant la mention systématique de la teneur en protéine dans les contrats d’achats de blé. Il vise à stopper la baisse du taux moyen de la récolte française.

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L’interprofession souhaite 
« qu’une part majoritaire de 
la production française atteigne 
ou dépasse le taux de 11,5%. »
L’interprofession souhaite « qu’une part majoritaire de la production française atteigne ou dépasse le taux de 11,5%. » - © J.-C. Gutner

Véritable mutation des relations au sein de la filière ou rideau de fumée ? Le 3 décembre, l’interprofession a adopté un accord imposant la mention systématique de la teneur en protéines dans les contrats d’achat de blé et sur les factures remises au producteur par le collecteur. Cette mesure s’inscrit dans un plan d’action visant à inverser la tendance à la baisse enregistrée depuis plusieurs années par la teneur en protéines moyenne du blé français.
Ce plan comporte également un volet sur l’innovation variétale et un autre sur la promotion de pratiques agronomiques adaptées.
Alors que le taux moyen en protéines du blé en France était de 11,2 % en 2013, l’interprofession souhaite « qu’une part majoritaire de la production française atteigne ou dépasse le taux de 11,5 % ». Une poursuite de cette érosion fragiliserait la filière française à l’export, prise en tenaille entre des exigences croissantes de la part des acheteurs et la montée en gamme des origines concurrentes.
L’an dernier, pour la première fois, le blé ukrainien avait été largement sollicité par les meuniers marocains, qui ne se sont tournés vers les blés français qu’une fois cette source tarie.


Un impact sur les prix ?


Reste à savoir comment se déclinera concrètement cet accord, et s’il aura un impact sur la formation des prix.
Côté amont, les collecteurs pourraient généraliser l’application de grilles tarifaires basées sur la teneur en protéines pour la rémunération de l’agriculteur. Côté aval, les défenseurs de l’accord estiment qu’il mettra fin à l’ambiguïté concernant le blé livré au port public de Rouen : le contrat standard passé entre le livreur et l’exportateur ne spécifie pas de teneur en protéines, alors que ce critère est présent dans les cahiers des charges des clients sur pays tiers.
Si le taux de protéines du tas de blé français baisse excessivement, le système de mutualisation, de tri et d’alottement ne permettra pas au silo portuaire de constituer des lots répondant aux exigences des acheteurs.
Les acteurs de la filière ont accueilli favorablement ce « signal », mais nombre d’entre eux pronostiquent une portée purement symbolique. « Cela donne une dimension officielle à la protéine mais, concrètement, cet accord ne changera pas grand-chose, explique un expert de l’export. La négociation entre acheteurs et vendeurs prend déjà en compte le fait que la teneur moyenne en protéines de l’année est bonne ou non. »
Pour revêtir un caractère obligatoire, l’accord interprofessionnel doit désormais être étendu par le ministère de l’Agriculture, avec l’aval de Bercy.

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