Réussir Grandes Cultures 22 avril 2005 à 15h12 | Par Michel Portier

Les satellites prennent le volant - La précision sans la fatigue avec l´autoguidage

Tenir le volant de son tracteur toute une journée ne sera plus qu´un mauvais souvenir. Les systèmes de guidage automatique sont prêts à prendre les commandes. Mais le confort a un prix !

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Avec l´arrivée des systèmes de guidage automatique, asservissant la direction, les constructeurs offrent des dispositifs très aboutis dans l´automatisation et l´optimisation de la conduite.
Depuis quelques années, les systèmes de guidage assisté ont fait leurs preuves. « Les gains de productivité réalisés ne sont plus à démontrer et ceci pour bon nombre d´applications » assure Francis Hénault, ingénieur de recherche sur les systèmes de positionnement GPS en agriculture pour Arvalis-Institut du végétal. Pour les travaux de grande largeur comme la pulvérisation voire le travail du sol, les manques ou les recouvrements sont supprimés. La perte de temps occasionnée par le jalonnement est supprimée. Autre gain de temps, en ayant la possibilité de sauter des passages sans risque de chevauchement, les manoeuvres sont réduites. Enfin, le guidage permet de s´affranchir des conditions de visibilité (brouillard, poussière, nuit.).

Forts de ces expériences, plusieurs constructeurs font évoluer leurs produits en leur ajoutant un dispositif d´asservissement de la direction. L´objectif est d´affiner la précision de guidage et d´améliorer le confort de travail. « En automatisant la conduite, on supprime les erreurs d´approximation du chauffeur » explique Françis Hénault.
Se consacrer pleinement au réglage des outils
Les instructions de guidage sont directement transmises à la direction, autorisant un niveau de réactivité que le chauffeur ne peut atteindre lui-même. Le principal bénéfice se situe dans le confort de travail. L´agriculteur est déchargé de la tâche la plus prenante en cabine. « L´autoguidage diminue la fatigue du chauffeur, notamment en fin de journée où sa précision de conduite est affectée » note le spécialiste. Il peut ainsi porter toute son attention sur le réglage des outils et le contrôle de la qualité du travail. Il peut même se consacrer à d´autres tâches en passant par exemple ses appels téléphoniques. Selon Francis Hénault, « le guidage automatique de la moissonneuse-batteuse est très probant. En temps normal, le chauffeur passe environ 90 % de son temps à contrôler le placement du diviseur, alors qu´avec l´autoguidage, il se consacre totalement à l´optimisation des paramètres de la machine tout en utilisant la pleine largeur de la barre de coupe ».
La conduite devient ainsi un jeu d´enfant, le chauffeur reprenant la main uniquement pour réaliser les demi-tours. « Les ouvriers saisonniers, souvent novices, réalisent une conduite efficace sans période d´adaptation. » D´autant plus que le paramètrage est en général très simple et intuitif.
Des systèmes à plus de quinze mille euros
A ce sujet, Francis Hénault remarque que « même s´ils utilisent des composants communs, le guidage et l´agriculture de précision sont deux concepts totalement indépendants. L´autoguidage n´implique pas l´utilisation d´un PC ». Le paramètrage informatique est cependant proposé par certains constructeurs avec des fonctionnalités supplémentaires. « L´agriculteur peut préparer un plan de travail sur son logiciel de cartographie, il définit les passages d´outils les mieux adaptés à chaque parcelle » explique Francis Hénault.
En proposant des fonctions supplémentaires au guidage (enregistrement des passages, arpentage, pilotage d´outils.), les constructeurs tentent de justifier le niveau de prix d´un système d´autoguidage. En effet, celui-ci s´élève en moyenne à plus de 15 000 euros pour l´ensemble des composants. L´investissement est très supérieur (plus du double) à celui d´un système de guidage assisté.

« Au niveau actuel de leur prix, les systèmes de guidage automatique se justifient plus facilement pour de très grandes surfaces en céréales ou pour des cultures en lignes à forte valeur ajoutée estime Francis Hénault. Mais il parie également sur une baisse des prix qui s´accompagnera à coup sûr d´un développement de l´autoguidage à l´image de celui des barres de guidage ».
Le guidage automatique libère du temps au chauffeur qui peut se consacrer pleinement à d´autres tâches. ©M. Portier

Fiche technique : les six composants de l´autoguidage
L´autoguidage reprend les éléments d´un guidage assisté (récepteur, console en cabine) auxquels se greffe un dispositif d´asservissement de la direction du tracteur ou de l´automoteur.

1 - Le récepteur DGPS
Il est fixé sur le toit de la cabine du tracteur ou de l´automoteur dont il renseigne le positionnement dans la parcelle. Certains intègrent un dispositif de correction de dévers(1) composé d´un gyroscope et d´un accéléromètre (John Deere et Trimble AgGPS252) ou de microcapteurs et accéléromètres (Agco).

2 - La console en cabine
Elle prend place - suivant les marques - devant le pare-brise ou sur le côté droit de la cabine. Cette interface permet à l´utilisateur de paramètrer le système (largeur d´outil, position de l´antenne, points A et B.) et de suivre les indications de guidage pour les demi-tours. Elle va de la simple barre de guidage avec petit écran LCD (Trimble LightBar, Outback E-drive) au boîtier avec grand écran (Agco, Trimble Ag170, John Deere).

3 - Le boîtier de contrôle de la direction
Ce boîtier calcule les indications de guidage à transmettre à la direction en fonction des données GPS. Il reçoit également le dispositif de correction de dévers lorsque ce dernier n´est pas intégré au récepteur DGPS (Trimble, Outback, Satloc).

4 - Le bloc hydraulique de direction
Il se compose d´électrovannes qui permettent de commander les vérins hydrauliques de direction. Le système vient se greffer en dérivation entre l´orbitrol et les vérins de direction. Seul John Deere (pour ses moissonneuses-batteuses et ses 8020 et 7020) commande directement l´orbitrol de direction. Dans tous les cas, la direction du tracteur est toujours prioritaire.

5 - Le capteur de direction
Il renseigne sur l´angle de braquage des roues. Il transmet cette information au boîtier de contrôle de la direction. Il est fixé sur le pont avant. John Deere ajoute un capteur de position du volant pour détecter la reprise en main de la direction par le chauffeur (élément supplémentaire car le système commande directement l´orbitrol).

6 - Le capteur de présence
Ce dispositif de sécurité est intégré au siège. Il coupe le système d´autoguidage si le chauffeur quitte sa place.

(1) La correction de dévers est indispensable pour la précision de l´autoguidage. En effet, les débattements de la cabine générés par le relief de la parcelle modifient le positionnement de l´antenne fixée sur le toit.

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