Réussir Grandes Cultures 25 septembre 2013 à 08h00 | Par Christian Gloria

Les insectes d’automne passent à l’offensive sur colza

Grosses altises et charançons du bourgeon terminal voient leurs populations croître sur colza. Avec un choix restreint, les produits insecticides montrent leurs limites de performance.

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Les grosses altises (adulte ici), font 
partie du cortège de ravageurs du colza 
à l’automne. Des populations en Allemagne résistent aux insecticides pyréthrinoïdes.
Les grosses altises (adulte ici), font partie du cortège de ravageurs du colza à l’automne. Des populations en Allemagne résistent aux insecticides pyréthrinoïdes. - © V. Marmuse/CAIA

La guerre contre les insectes ravageurs du colza commence dès la levée. Les altises, et plus particulièrement les grosses altises, sont les insectes causant le plus de dégâts à l’automne sur colza. Selon le Cetiom, les attaques s’intensifient ces dernières années dans plusieurs régions. Des traitements répétés ne permettent plus de réduire les dégâts. La remarque vaut également pour les charançons du bourgeon terminal.
« Les grosses altises envahissent généralement les parcelles sous forme d’un vol massif lorsque les températures maximales journalières chutent puis remontent au-dessus de 20 °C, informe Céline Robert, Cetiom. Pour intervenir efficacement contre les grosses altises, le seuil retenu est celui de sept pieds sur dix touchés ou de deux à trois larves par plante. »

- © Infographie Réussir

Peu d’insecticides à l’automne


En ce qui concerne le charançon du bourgeon terminal, les infestations se font par arrivées successives. « Par exemple dans l’Aube, le pic de vol s’est produit plusieurs semaines après les premières captures. Le positionnement de l’intervention insecticide est délicat. Le nombre de captures réalisées dans les cuvettes n’est pas représentatif de l’infestation réelle », note Céline Robert. Le seuil d’intervention retenu malgré tout par le Cetiom pour ce charançon est de huit à dix jours après les premières captures d’adultes.
Les pucerons constituent un troisième type de ravageurs pouvant occasionner des dégâts directs ou indirects (transmission de viroses) sur les plantes. Pour les différentes espèces de pucerons, il sera nécessaire d’agir quand au moins deux pieds sur dix portent ce ravageur.
Les produits insecticides ne sont pas légion contre les insectes d’automne. Il n’y a que des spécialités à base de pyréthrinoïdes pour lutter contre les altises, charançon du bourgeon terminal et autres ravageurs d’automne en dehors des pucerons. Pour ces derniers, on peut ajouter les produits Suprême 20 SG, Proteus, Pirimor et Karaté K, contenant d’autres matières actives que des pyréthrinoïdes. Un traitement de semences est homologué contre les grosses altises : Mesurol Flo.
Les pucerons verts connaissent des populations résistantes aux pyréthrinoïdes et au pyrimicarbe. On suspecte des altises de résister également à des pyréthrinoïdes. En tous les cas, des populations résistantes de ce coléoptère se rencontrent de façon localisée en Allemagne. Contre les insectes d’automne, il ne faut pas abuser des traitements insecticides et n’intervenir qu’en cas de seuil de nuisibilité atteint. Une utilisation excessive de pyréthrinoïdes sur les colzas aura pour effet de sélectionner les populations de ravageurs résistantes à cette famille de produits tout en détruisant les insectes auxiliaires qui jouent leur rôle dans la régulation des bio-agresseurs.


Hyménoptères parasites des larves


Les ravageurs d’automne ont leur cortège de prédateurs et d’insectes parasitoïdes. Contre les grosses altises, on connaît des prédateurs tels que des larves de cantharides (coléoptères) qui consomment de grandes quantités d’œufs. Mais l’action des prédateurs est jugée faible sur les larves qui sont à l’intérieur des plantes. Par contre, des hyménoptères parasitoïdes sont capables de pondre dans des larves. Leur importance dans la régulation des populations d’altises n’est pas négligeable, à condition de ne pas être détruits par les applications d’insecticides. Trouver le bon équilibre entre l’action de l’homme et celle de la nature.

- © C. Gloria

Surveillance : bien placer la cuvette jaune

 

Pour recevoir des informations fiables de l’infestation de sa parcelle, la cuvette jaune qui attire les insectes ne doit pas être disposée n’importe comment. Dès le semis, elle sera placée à dix mètres de la bordure. Des insectes peuvent se concentrer au bord de parcelle. La cuvette sera remplie d’eau avec quelques gouttes de mouillant (produit à vaisselle) en changeant régulièrement le liquide. Pour surveiller l’évolution des vols de grosses altises à partir de la levée du colza, la cuvette devra être enterrée (davantage que sur la photo). Ensuite, pour le charançon du bourgeon terminal et les insectes du printemps, la cuvette sera remontée systématiquement au niveau de la végétation avec le fond positionné juste au-dessus des plantes. Il ne reste plus qu’à visiter son piège à insectes au moins une fois par semaine pendant les périodes à risques.

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