Réussir Grandes Cultures 10 octobre 2013 à 08h00 | Par Nicole Ouvrard

Les grandes cultures "accros" à l’énergie

Les céréaliers sont vulnérables face à la hausse du prix du pétrole car le coût de l’énergie pèse de plus en plus sur les charges, d’où une plus grande dépendance.

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- © Infographie Réussir

Le montant des charges totales liées à l’énergie a été multiplié par 2,3 entre 1990 et 2009, pour atteindre 14 000 euros par exploitation de grandes cultures française. C’est le résultat d’une étude réalisée pour le compte de l’Ademe(1). Ce coût intègre à la fois l’énergie directe (consommée sur l’exploitation sous forme de carburant, de gaz ou d’électricité) et indirecte (ayant servi à produire des engrais, semences, phytos…). Pourtant, la consommation énergétique des exploitations, exprimée en mégajoules, a eu tendance à reculer sur la même période (- 5 %). « Globalement, l’intensification des procédés agricoles n’a pas suffi à réduire la dépendance à l’énergie dans les quatre dernières décennies, du fait de la hausse du prix des énergies fossiles », souligne l’étude.


Jusqu’à 22 % des charges variables


Au regard des fermes françaises, les exploitations de grandes cultures sont parmi les plus dépendantes à l’énergie car elles sont de grandes consommatrices de carburant, mais aussi d’engrais, notamment azotés très énergivores. Comme le montre le graphique, alors que le coût relatif à l’énergie totale représentait 13 % des charges variables des céréaliers en 2000, il se situe à 17 % en 2013. Les auteurs de l’étude ont réalisé une simulation afin de mesurer les conséquences d’un choc pétrolier, entraînant le prix du pétrole à 150 dollars US le baril en 2015. Si cela se produisait, le coût de l’énergie monterait alors à 22 % des charges variables en 2015 ! Pour autant, la situation est moins critique pour les céréaliers que pour les horticulteurs ou les maraîchers, eux aussi très exposés, car leur taux d’endettement s’est réduit ces dernières années, alors qu’il s’est aggravé pour les producteurs de légumes.




- © Infographie Réussir

Repère n°1 : Revenu net


Pour un euro de revenu net d’exploitation, que représente le coût de l’énergie de la ferme France ? Il pesait environ 25 centimes par euro de revenu de 1990 jusqu’en 2006. Il est passé à 43 centimes en 2008, puis à 79 centimes en 2009 du fait d’une baisse du prix des produits agricoles sur 2009 conjuguée à une hausse de celui des intrants. Bis repetita en 2013 ?


Repère n° 2 : Tonne de blé


Dans les années 90, le coût de l’énergie totale représentait 10 euros la tonne de blé produite par exploitation. Aujourd’hui, on est plus près de 20 euros la tonne, dont 12 euros liés au carburant et 5,50 euros aux engrais.


Repère n°3 : Engrais


Parmi les engrais minéraux, ce sont les fertilisants azotés les plus énergivores. La fabrication et le transport d’un kilo de NO3 sous forme de solution azotée nécessitent la consommation énergétique primaire de 59 mégajoules (MJ), et sous forme ammonitrate de 47 MJ. À comparer à 10 MJ consommés par kilo d’élément P sous forme de superphosphate, et à 7 MJ par kilo d’élément K sous forme de chlorure de potassium.



Repère n°4 : Carburant


En 2011-2012, les exploitations de grandes cultures ont consacré 11 % de leurs charges d’approvisionnement aux dépenses de carburant (GNR). Celles-ci ont représenté 12 % de leur revenu courant avant impôt. Les exploitations de polyculture-élevage et bovins viande sont plus lourdement affectées par cette charge qui a représenté respectivement 16 % et 24 % de leur revenu courant.

 

 

(1) « Analyse économique de la dépendance de l’agriculture à l’énergie », de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

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