Réussir Grandes Cultures 08 avril 2015 à 08h00 | Par Christian Gloria

Les fongicides SDHI en force aussi sur orges

En plus du blé, les nouveaux fongicides à base de SDHI sont devenus incontournables sur orges pour contrôler en particulier l’helminthosporiose. Une seule SDHI suffit par programme.

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Contre l'helminthosporiose, les produits à base de SDHI sont très performants. Mais il existe des souches de ce pathogène résistantes à cette famille de fongicides.
Contre l'helminthosporiose, les produits à base de SDHI sont très performants. Mais il existe des souches de ce pathogène résistantes à cette famille de fongicides. - © V. Marmuse/CAIA

Les orges dépassent allègrement le million d’hectares en France et elles méritent une bonne protection contre les maladies. A fortiori si ces orges sont destinées au débouché brassicole. Les produits à base de SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) arrivant sur les blés concernent également les orges. Ils apportent des niveaux de performances accrus, en particulier sur helminthosporiose. Dans la gamme des SDHI, Arvalis relève que le produit Ceriax (fluxapyroxad + époxiconazole + pyraclostrobine) prend l’avantage sur Adexar (fluxapyroxad + époxiconazole) dans les essais de comparaisons de seconds traitements (T2). Ceriax présente une strobilurine dans sa composition, au contraire d’Adexar. Autre fongicide SDHI de BASF, Librax (fluxapyroxad + metconazole) montre une efficacité équivalente ou légèrement supérieure à Adexar. L’ajout de la strobilurine Comet (pyraclostrobine) à Librax booste l’efficacité de l’ensemble et le rendement de la céréale. C’est la meilleure solution dans les essais Arvalis. Autre SDHI, la spécialité Aviator Xpro (bixafen + prothioconazole), se distingue également par ses hauts niveaux de performance tout comme le projet de DuPont (penthiopyrad + chlorothalonil) associé à Acanto (picoxystrobine).

Cyprodinil en T1, SDHI en T2

L’institut technique Arvalis conseille l’utilisation d’une seule SDHI dans un programme fongicide à deux applications, positionnée plutôt en deuxième traitement. En T1 (première application), les solutions associant le cyprodinil (Unix Max, Qualy…) avec des spécialités à base de prothioconazole (Joao, Madison) ou à Meltop 500 (propiconazole + fenpropidine) tiennent la corde. Ces solutions reçoivent un écho favorable dans les préconisations. « Nous conseillons un T1 avec une base cyprodinil associée à un triazole (Cherokee, Meltop, voire Joao), précise Arnaud Pillier, de la chambre d’agriculture de Côte-d’Or. Et en T2, une SDHI associée à une strobilurine pourra être mélangée à un triazole. Le stade « 1 nœud » constitue le pivot du positionnement des traitements et la seconde application intervient à la sortie des barbes, dernière feuille étalée, ajoute le conseiller agricole. Nous visons plutôt la rhynchosporiose au premier traitement et l’helminthosporiose au T2. Enfin, sur les variétés réputées moins sensibles telles qu’Etincel, nous préconisons des diminutions de doses de l’ordre de 10 à 15 %. » La protection contre les pathogènes est assurée autant par la génétique et la chimie.

Des résistances aux SDHI bien présentes dans les champs

Spécialiste des maladies des céréales chez Arvalis, Jean-Yves Maufras, apporte une note de prévention sur l’emploi des SDHI. « Dans les champs et selon nos résultats d’essais, il n’y a pas d’intérêt à mettre deux SDHI dans un programme fongicide. En plus, c’est risqué. Des résistances de l’helminthosporiose spécifiques aux SDHI existent dans la nature. » Entre 2012 et 2014, les spécialistes de l’Inra ont décelé sept mutations dans les souches du champignon (Pyrenophora teres) qui procurent cette résistance aux SDHI. « De plus, en 2014, nous avons mesuré que le champignon était constitué à plus de 40 % de ces souches mutées et pourtant, nous ne constatons pas de baisse d’efficacité des produits dans les champs, remarque Jean-Yves Maufras. Sans doute grâce à l’association systématique de SDHI avec des molécules d’autres familles fongicides. » Ces souches alertent malgré tout sur la nécessité de ne pas abuser de l’utilisation des SDHI.

En chiffres

* 18,5 q/ha : c’est l’incidence des maladies sur orges d’hiver en 2014, un peu au-dessus de la moyenne pluriannuelle qui est de 15,3 q/ha.

* 1,78 traitement en 2014. Sur orge d’hiver, on a frolé le record du nombre de traitements fongicides qui est de 1,8 en 2008. Sur orge de printemps, il y a eu un peu moins de traitement : 1,72.

* Plus d’1 million d’hectares d’orges ont reçu 1 ou 2 SDHI en 2014, soit 80 % des surfaces de cette céréale.

* 70 €/ha : il s’agit du coût moyen d’un programme fongicide sur orge d’hiver en 2014 : record battu. Sur orge de printemps, ce coût a été de 52 €/ha.

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