Réussir Grandes Cultures 22 octobre 2013 à 08h00 | Par Christian Gloria

Les cultures intermédiaires ont un impact important sur la dégradation des produits phytosanitaires dans le sol

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Le devenir du glyphosate et du S-métolachlore est suivi 
en particulier sur des semis directs de maïs sur couvert de féverole.
Le devenir du glyphosate et du S-métolachlore est suivi en particulier sur des semis directs de maïs sur couvert de féverole. - © L. Alletto

Dans quelle mesure les couverts végétaux d'interculture peuvent-ils influer sur le devenir
des produits phytos dans le sol ? « Dans un système de monoculture du maïs,
le fait de mettre un couvert végétal à l'interculture a plus d'impact sur le devenir des phytos et leur transfert dans l'eau que les seules techniques de travail du sol. Quand on analyse
les eaux de drainage, on retrouve une concentration moins élevée de ces produits avec la pratique de cultures intermédiaires entre deux maïs », informe Lionel Alletto, enseignant chercheur à l'école d'ingénieurs de Purpan. Une étude a été réalisée pour un herbicide : le S-métolachlore utilisé en prélevée majoritairement. « On peut supposer que les résidus du couvert agissent sur la dynamique hydrique du sol et ralentissent la migration des molécules en les maintenant plus longtemps dans la rhizosphère, ce qui favorise leur dégradation par
les micro-organismes. Un simple mulch de résidus de maïs après sa récolte à l'automne a moins d'effet que le mulch frais du couvert végétal. »


Différences entre couverts


Par ailleurs, Lionel Alletto a noté une diversité d'impact de l'espèce utilisée comme culture intermédiaire.
« Les crucifères comme la moutarde ou la navette montrent un comportement particulier. Elles retiennent de façon plus marquée le S-métolachore et aussi le glyphosate que tous les autres couverts testés en laboratoire. Ces herbicides sont, du coup, peu disponibles pour les micro-organismes pour leur biodégradation. »
Il n'y a pas pour autant de relargage dans l'environnement mais il demeure une part d'inconnu sur le devenir de ces molécules retenues dans les résidus de couvert. Les légumineuses riches en azote agissent différemment sur les matières actives. « Pour des micro-organismes, les molécules sont attaquables en constituant des éléments nutritifs pour y rechercher de l'azote entre autres, précise Lionel Alletto.
Par exemple, l'atrazine qui est riche en azote dans sa constitution chimique est susceptible d'être dégradé par la flore microbienne. Mais avec l'utilisation d'un couvert à base de légumineuses comme la vesce, ces micro-organismes iront chercher l'azote provenant des résidus de cette culture plutôt que celui de l'atrazine, d'où une dégradation moins efficace de ce dernier.
Pour le S-métolachore et le glyphosate pauvres en azote, il n'y a pas de différence de dégradation avec ou sans légumineuses. »

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