Réussir Grandes Cultures 23 mars 2016 à 08h00 | Par La rédaction

Le Maghreb et l’Égypte au cœur des débouchés du blé français

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Le Maroc récolte entre 2,7 et 5,4 millions de tonnes de blé tendre par an, une quantité qui devrait augmenter d'ici 2020.
Le Maroc récolte entre 2,7 et 5,4 millions de tonnes de blé tendre par an, une quantité qui devrait augmenter d'ici 2020. - © M.-A. Carré
. L’Algérie a produit en moyenne sur quinze ans 1,2 Mt de blé tendre par an, pour des besoins de l’ordre de 5 Mt. En 2013, le blé tendre importé a coûté au pays 1,2 milliard d’euros. Le déficit de l’Algérie en blé tendre s’aggrave car les besoins s’accroissent en raison des changements d’habitudes alimentaires. Or le pays produit majoritairement du blé dur.

. Le Maroc récolte entre 2,7 et 5,4 Mt de blé tendre, sa consommation approchant les 4,5 Mt. Le pays produira peut-être davantage d'ici 2020 : lancé en 2009, le plan « Maroc Vert » vise à accroître la production en concentrant les surfaces et en améliorant la productivité. Aujourd'hui, le Maroc diversifie largement son approvisionnement : en 2014, la France n’a fourni que 14 % des importations, 27 % venant d’Argentine, 10 % du Brésil, 10 % d’Ukraine, 6 % d’Allemagne, 6 % des États-Unis et 6 % de Pologne.

. La Tunisie produit surtout du blé dur (un peu moins d’1 Mt par an en moyenne sur 5 ans) et très peu de blé tendre (moins de 300 000 t). Selon l’USDA (département américain de l’agriculture), la Tunisie a importé 1,2 Mt de blé tendre sur 2013-2014, mauvaise année de récolte. Globalement, le pays consomme 2,8 Mt par an.

. L’Égypte est aujourd’hui le premier importateur mondial de blé tendre. Sur les trois dernières années, la production avoisine les 8,2 Mt par an, pour une consommation intérieure de l’ordre de 20 Mt ; 17 à 18 Mt sont consacrés à l’alimentation humaine.

 

 

Seules les destinations ayant importé plus de 150 000  de blé français en 2014-2015 ont été retenues.
Seules les destinations ayant importé plus de 150 000 de blé français en 2014-2015 ont été retenues. - © Source : Douanes françaises / Infographie Réussir

La contrainte de la protéine

Dans les pays qui ne consomment pas de pain de tradition française, les acheteurs ont de fortes exigences en matière de taux de protéines. C’est le cas de l’Arabie Saoudite, qui a bien du mal à descendre sous la barre des 12,5 %. « Un taux de 11 % de protéines pourrait suffire pour une partie des importations", estime pourtant Roland Guiragossian, chef de mission Égypte et Moyen-Orient chez France export céréales. Sauf que les habitudes sont difficiles à changer. "Il y a quelques années, nous avons réussi à introduire un niveau de spécifications différent, pour du blé à 11 % de protéines et à 13 % d’humidité, signale le professionnel. Mais le pays a arrêté car les moulins n'étaient pas organisés pour traiter ce blé." Les choses sont toutefois en train de changer, avec la construction d’un moulin dédié à ce type de blé. La baisse des cours du pétrole pourrait inciter le pays à revoir ses exigences à la baisse.

Le manque de protéines prive en tout cas la France de certains débouchés au Moyen-Orient, en Amérique latine ou en Afrique australe, notamment. « Pour être compétitif, il faudrait une offre globale à 12 % de protéines », estime ainsi Alexandre Bois.

 

La mer Noire à l’offensive… toute l’année

Les origines mer Noire ont deux atouts majeurs pour séduire les importateurs de blé français d’Afrique du Nord. D'abord, « elles sont souvent plus généreuses que la France », observe Yann Lebeau, chez France Export Céréales. En d’autres termes, une cargaison prévue à 12 % de protéines peut arriver à 12,5 %, sans supplément de prix pour l'acheteur. « C’est tout de même moins vrai maintenant car de manière générale, les Russes, notamment, ont amélioré leurs capacités d’allotement », nuance Roland Guiragossian. Ensuite, « les pays de la mer Noire ont amélioré leur logistique et sont en mesure de livrer toute l’année », note Yann Lebeau, chef de mission Maghreb-Afrique chez France export céréales.. Fini le temps où les livraisons d'hiver étaient « réservées » au blé français. Pour Alexandre Bois, le blé hexagonal conserve tout de même un petit avantage, car c’est surtout à la récolte que l’Ukraine et la Russie pratiquent des offres très agressives. « Début février, par exemple, le blé français était 10 dollars la tonne moins cher que le blé russe, alors qu’en septembre, il était 15 dollars plus cher », rapporte-t-il.

 

Pour en savoir plus, voir aussi article " Comment le blé français s'exporte ".

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