Machinisme 12 mars 2014 à 08h00 | Par Ludovic Vimond

Le labour hors-raie relancé par les fortes puissances

Longtemps confiné, le marché des charrues hors-raie connaît un regain d’intérêt avec les puissances croissantes et l’arrivée de nouvelles technologies.

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- © R.Camalet

Au-delà de 650 millimètres, les pneus sont trop larges pour travailler correctement en raie », explique Nicolas Millet de Grégoire-Besson. Or, pour éviter de trop tasser le sol tout en lestant suffisamment les tracteurs de plus en plus puissants (40 à 50 kg par cheval), le montage de pneus larges ou jumelés ou l’emploi de chenilles sont parfois nécessaires, équipements incompatibles avec le labour en raie. Les charrues hors-raie évitent d’avoir à démonter les jumelages ou à changer de roue. Qui plus est, le labour hors-raie évite de tasser le fond de raie avec les roues de tracteur. En outre, pour Frédéric Charlier, de la société éponyme implantée en plein cœur de la Champagne crayeuse, « le hors-raie présente l’intérêt d’être plus précis en termes de profondeur de travail, notamment sur les charrues semi-portées : sur cette gamme, le hors-raie compte pour la moitié des charrues vendues par notre société. La présence d’une roue supplémentaire à l’avant de la charrue garantit une profondeur constante sur toute la longueur de l’outil. On réduit ainsi le risque de piocher dans la craie en sous-sol. »

- © Kuhn

Limitée en conditions fraîches

 

Autre argument avancé : le confort. « C’est tout de même plus agréable de labourer le tracteur bien droit, plutôt que penché dans la raie », fait remarquer Nicolas Millet. « Dans les fortes pentes, les modèles hors-raie limitent les risques de renversement », ajoute Jean-Paul Moineau de Kuhn. La charrue hors-raie comporte cependant plusieurs limites, qui expliquent sa diffusion réduite. « En conditions sèches, il n’y a pas de différence de traction entre les deux types de labour, affirme Nicolas Millet. En revanche, dès que les conditions deviennent un peu plus fraîches, la capacité de traction est plus réduite en hors-raie. » « Dans ce cas, les pneumatiques accrochent mieux dans le fond de la raie qu’en surface », explique Jean-Luc Farges de Lemken. « C’est pourquoi ces charrues se rencontrent essentiellement dans les régions qui se ressuient vite, accusant moins de 700 millimètres de précipitations par an », poursuit Nicolas Millet. Certains agriculteurs exploitent cette limite comme fusible, partant du principe qu’ils ne feront pas de bon travail, aussi bien en raie qu’en hors-raie. L’argument de la traction moindre est par contre plus discuté derrière un déchaumage récent, la surface de pneus (ou chenilles) plus importante limitant le patinage.

- © Kverneland

GPS et polyvalence compensent

Autre facteur limitant, la tenue de cap. Si, avec une charrue en raie bien réglée, le tracteur se conduit tout seul, en horsraie le chauffeur se guide bien souvent à l’aide d’une barre à chaînes positionnée à l’avant du tracteur ou avec la roue précédant le premier corps, une conduite plus exigeante si l’on veut réaliser un beau labour. En dévers importants, la tenue de cap peut également être plus délicate. Le surcoût des charrues constitue aussi un frein : compter autour de 4 000 euros pour l’option hors-raie sur une portée Juwel de Lemken, 2 500 euros pour une semi-portée Charlier.

Cependant, les récentes technologies gomment les défauts du hors-raie. Les nouvelles générations de pneumatiques (IF et VF) offrent une meilleure surface de contact et compensent les pertes de traction en augmentant l’adhérence. Pour ce qui est de la tenue de cap, l’avènement de l’autoguidage par GPS, notamment RTK, permet aux conducteurs de charrue hors-raie d’obtenir une régularité de labour inégalable. Par ailleurs, sur les dernières générations de charrues hors-raie, les systèmes de déport (parallélogramme sur les portées, compas sur la majorité des semi-portées) offrent une plus grande amplitude dans le positionnement du premier corps. En conséquence, il est possible dans de nombreux cas d’aligner le point de traction de la charrue avec l’axe du tracteur. De plus, la charrue hors-raie peut se transformer au besoin en charrue en raie, lorsque les conditions deviennent difficiles ou si le tracteur dédié au labour tombe en panne. « Dans tous les cas, la ligne de traction est plus facile à régler qu’avec une charrue en raie », explique Jean-Luc Farges.

 

 

Retrouvez l'intégralité de l'article et le témoignage dans le numéro 278 de Réussir Grandes Cultures

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