Réussir Grandes Cultures 29 janvier 2012 à 18h55 | Par Gabriel Omnès

La betterave monte au front

À l'occasion de son assemblée générale en décembre 2011, la CGB a vivement dénoncé la proposition de Bruxelles d'abolir le règlement sucre dès 2015. Alors que la filière européenne réduit l'écart de compétitivité avec le Brésil et que la France vient d'enregistrer la récolte de tous les records, le secteur craint qu'un démantèlement de l'OCM sucre ne mette en péril l'industrie sucrière communautaire.

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Outre la remise en
cause du régime sucre en 2015 par la Commission
européenne, la CGB considère que la convergence
des aides de 40 % dès la première année
« n’est pas réaliste », que 30 % des aides conditionnées
par le verdissement « c’est trop », et que « 7% de jachère est inacceptable ».
Outre la remise en cause du régime sucre en 2015 par la Commission européenne, la CGB considère que la convergence des aides de 40 % dès la première année « n’est pas réaliste », que 30 % des aides conditionnées par le verdissement « c’est trop », et que « 7% de jachère est inacceptable ». - © GO

La Commission de Bruxelles a décidé de tuer la filière betteravière. « C’est ainsi que la Confédération générale des planteurs de betteraves titrait, avec un goût certain pour la dramatisation, son communiqué de presse publié le 12 octobre dernier. Le syndicat s’insurgeait contre la proposition de la Commission européenne de supprimer les quotas et le prix minimum garanti de la betterave dès 2015.

Drôle de paradoxe : alors que la filière européenne sort économiquement renforcée de la réforme de 2006 — au prix d’une réduction drastique du nombre de planteurs et de fermetures d’usines localement déstabilisantes pour l’activité agricole —, que la récolte française bat tous les records, et que le sucre communautaire affiche son ambition de repartir à l’assaut du marché mondial, les « intérêts vitaux de toute une filière industrielle sont en jeu », s’alarme la CGB. Le secteur betteravier se situe peut-être à un tournant de son histoire, et la trajectoire dépendra de l’issue de plusieurs bras de fer. Le premier est donc celui engagé avec la Commission européenne. Pour les planteurs, la bonne santé de la filière est largement tributaire du contexte créé par le règlement sucre à travers ses trois piliers (quotas, prix garanti et accords interprofessionnels), et toute remise en cause de l’organisation commune de marché mettrait en péril une compétitivité fragile. En face, Bruxelles estime que la solide performance économique du secteur lui permet de se passer des béquilles du régime sucre.

Le second bras de fer tient plutôt de la course de fond : celle qui se joue entre l’Europe et le Brésil. Le principal adversaire de la betterave du Vieux Continent a vu sa toute puissance affaiblie par des coûts de production en hausse. À coup de programmes de sélection variétale, la betterave caresse désormais l’espoir de revenir au niveau de la canne dès 2020. Mais il faudra aussi compter avec des trouble-fêtes, comme l’arrivée des édulcorants à base de stévia, au fort potentiel de développement. Sans oublier les choix politiques qui décideront de l’avenir du bioéthanol, ou de l’évolution des exigences environnementales…

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