Réussir Grandes Cultures 06 septembre 2016 à 08h00 | Par Valérie Noël

L’exposition aux phytos des utilisateurs agricoles mal prise en compte

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Les données recueillies pour la culture du colza montrent que dans 20 % des situations, la personne qui effectue l’application ne prend pas de précaution, la protection étant « occasionnelle » dans 26 % des cas.
Les données recueillies pour la culture du colza montrent que dans 20 % des situations, la personne qui effectue l’application ne prend pas de précaution, la protection étant « occasionnelle » dans 26 % des cas. - © Vincent Marmuse

Trop peu de données, des politiques de prévention des risques pas bien ciblées, une sensibilisation insuffisante des utilisateurs… Dans son rapport sur les expositions professionnelles aux pesticides publié fin juillet, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) est sévère. Elle met particulièrement en cause le déficit de centralisation, d’accessibilité et d’exploitation des trop rares données disponibles, en France ou à l’étranger. En grandes cultures, l’agence s’est penchée sur le cas des traitements sur colza, qu’elle a analysés à partir des données issues de l’enquête sur les pratiques culturales de 2011. Ce travail montre que dans 20 % des situations, la personne qui effectue l’application ne prend pas de précaution, la protection étant « occasionnelle » dans 26 % des cas. 11 % des traitements concernent des produits dangereux pour la santé (perturbateurs endocriniens ou cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques). Dans 50 % des parcelles, au moins une intervention est faite avant le délai de réentrée de 48 heures. Des progrès sont donc envisageables.

Aller au-delà des mesures d’hygiène et de protection

Pour l’Anses, il faut aller au-delà des mesures d’hygiène ou du port d’équipements de protection : « ces mesures ne devraient être utilisées qu’en dernière intention, après la substitution et la mise en œuvre de mesures de prévention collective relatives, par exemple, à l’organisation du travail ». L’agence rappelle que pour éviter les risques, « objectif explicite du Code du travail », la suppression des dangers, donc la réduction des applications, est un objectif en soi. Elle recommande par ailleurs de renforcer « dans un cadre indépendant », les actions de conseil et formation des utilisateurs. Elle pointe par exemple la méconnaissance des risques liés à la réentrée sur les parcelles traitées. Le ministère a répondu à ce rapport en déclinant les mesures déjà prises : le dispositif de phytopharmacovigilance créé en 2014, le plan santé au travail lancé en décembre 2015, le Certiphyto ou la création du site substitution-cmr.fr. Pourrait suivre la création d’un fonds d’indemnisation des victimes des phytos, proposition de la sénatrice Nicole Bonnefoy soutenue par Stéphane Le Foll.

- © Infographie Réussir

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