Réussir Grandes Cultures 07 avril 2017 à 08h00 | Par Valérie Noel

Ces exploitants français qui ont préféré migrer à l'Est

Des rendements, de grandes parcelles, une réglementation plus souple… l’Est de l’Europe peut paraître un Eldorado face aux contraintes qui pèsent côté Ouest. Certains Français ont fait le choix de s’installer là-bas. Retour d’expériences.

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La rédaction a interrogé quatre agriculteurs qui témoignent de leurs expériences... A chaque fois très personnelles.
La rédaction a interrogé quatre agriculteurs qui témoignent de leurs expériences... A chaque fois très personnelles. - © Réussir et AgroKMR

Le grand départ vers des terres fertiles de l’Est de l’Europe, là où les contraintes environnementales pèsent bien moins qu’en France, où s’agrandir n’est pas un problème… Qui n’en a pas rêvé un jour ? Parce qu’à l’Ouest, il n’y avait rien de nouveau, certains ont fait le choix voici quelques années de partir à la conquête de l’Est. Beaucoup en sont revenus vite. Quelques-uns sont restés.

Des cas qui restent relativement isolés

« Il y a aujourd’hui en Ukraine 20 à 25 exploitants français, estime Olivier Bouillet, responsable du bureau de Kiev chez Agritel. Ils ont des fermes de quelques centaines à 12 000 hectares. » Ces agriculteurs, comme les 5 000 exploitations qui assurent l’essentiel de la production ukrainienne, ont pour ambition de réaliser au moins 150 dollars par hectare de marge nette, voire 200 dollars. En Roumanie, 11 % des terres seraient exploitées par des étrangers selon des statistiques de 2013. Mais les Français y sont très minoritaires, largement devancés par les Italiens et les Allemands. En Pologne, « une dizaine d’exploitants français, dont certains binationaux, sont installés sur de grandes exploitations de 600 à 1 000 hectares, en fermage avec parfois un peu de faire-valoir direct », décrit Jean-Louis Buer, attaché agricole à l’ambassade de France à Varsovie.

Bien se préparer, être sur place et accepter de prendre des risques

Pour Jean-Jacques Hervé, longtemps conseiller du Crédit agricole à Kiev, être sur place est essentiel. « Particulièrement sur les très grandes entreprises, c’est le seul moyen d’assurer le contrôle des moyens mis à disposition », estime-t-il. De même, avoir dès le départ des partenaires et de la trésorerie paraît indispensable. Et bien sûr, il faut accepter de prendre des risques. « En Ukraine, la visibilité manque sur plusieurs paramètres tels que la fi scalité, avec des changements chaque année sur le régime de TVA, ou le foncier », relève Olivier Bouillet.Même chose sur ce point en Pologne, où les règles d’acquisition des terres se durcissent depuis une loi adoptée en mai 2016.

Pourquoi franchir le pas ? Quelles satisfactions y trouve-t-on ? Nous avons interrogé quatre de ces pionniers : Jean-Paul Kihm et Florian Garnier, implantés dans deux régions très différentes d’Ukraine, Michel Créteur, agriculteur ardennais présent en Roumanie depuis
1999 et Rémi Tardieu, récemment installé en Pologne. Si chaque expérience reste très personnelle, une chose est sûre : si c’était à refaire, ils re-signeraient. Sans hésiter.

Retrouvez nos articles concernant ces agriculteurs qui exploitent à l'Est de la France : Rémi Tardieu et ses 1750 hectares en Pologne, Michel Créteur qui gère 2600 hectares en Roumanie, ainsi que Jean-Paul Kim et Florian Garnier, qui se sont installés tous deux en Ukraine, l'un à l'Est et l'autre à l'Ouest.

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