Réussir Grandes Cultures 17 mars 2017 à 08h00 | Par Valérie Noël

Blé : des rapports de force qui changent

La France va devoir défendre chèrement sa place sur la « planète blé » : le poids de la Russie et de l’Ukraine est de plus en plus fort… Comme celui de la Chine.

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Pour Jean-Jacques Hervé (sur l'écran), les producteurs ukrainiens sont peu influencés par les prix mondiaux.
Pour Jean-Jacques Hervé (sur l'écran), les producteurs ukrainiens sont peu influencés par les prix mondiaux. - © V. Noël

« En Ukraine, les marges des producteurs sur le blé se situent entre 350 et 550 dollars à l’hectare alors autant dire que la baisse des cours mondiaux les affecte peu», a expliqué Jean-Jacques Hervé, expert des agricultures russe et ukrainienne, lors de la réunion d’information de Sénalia, début janvier. La « planète blé », thème du débat organisé par l’entreprise, ne tourne plus autour de l’Europe ou de la France. D’autant plus que « l’argent coûte 20 à 25 % en Ukraine, donc les entreprises font aujourd’hui de l’extensif qui est moins sûr en termes de qualité… Mais cela va évoluer », a ajouté le spécialiste. Du côté des importateurs, les stratégies se modifient tout autant, avec une volonté de construire de nouveaux flux commerciaux.

La Chine cherche à faire baisser les prix mondiaux

Ainsi en est-il de la Chine, de plus en plus présente en Afrique. Pour Jean-Marc Chaumet, chargé d’études à l’Institut de l’élevage et expert de la Chine, son but n'est pas de produire de quoi se nourrir mais de développer la production locale. « C’est une question de sécurité alimentaire globale, a-t-il dépeint. Si l’Afrique se nourrit mieux, elle importera moins, ce qui fera baisser les prix mondiaux ». Selon Jean-Jacques Hervé, la Chine comme la Russie entretiennent « une instabilité contrôlée » des cours mondiaux. « Les Russes et les Ukrainiens sont en train de comprendre que les volumes ne font pas tout, il faut aussi savoir jouer sur les prix ». Ce jeu très politique peut par exemple passer pour la Russie par un contrôle de ses importations de viande en vue de placer sa céréale, dont la qualité peut parfois être insuffisante. Bilan, la place du blé français n’est pas acquise. Pour Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales (interprofession des céréales), il faut prévoir plus que jamais que les opérateurs hexagonaux en particulier envisagent « un mix de sourcing », qui associerait les origines pour mieux répondre à la demande.  Une chose est sûre, s’adapter aux besoins du client devient crucial. « Si on ne fait rien, on va reculer », a-t-il estimé.

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