Réussir Grandes Cultures 23 janvier 2014 à 08h00 | Par Christian Gloria

Baisse dangereuse des stocks européens de semences de maïs

Face à une baisse de production de semences de maïs et une hausse des besoins sur l’UE, certains créneaux de précocités risquent de ne pas être suffisamment approvisionnés.

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Les rendements hongrois et français 
n’ont pas rempli les objectifs de productions
de semences de maïs de l’Union européenne 
pour reconstituer les stocks.
Les rendements hongrois et français n’ont pas rempli les objectifs de productions de semences de maïs de l’Union européenne pour reconstituer les stocks. - © C. Gloria

Les pluies et le froid du printemps 2013 ont mis à mal le maïs, en particulier la production des semences. « Nous n’avons atteint que 80 à 85 % de nos objectifs de production. Nous avions un rendement moyen de 3,4 tonnes/hectare de semences certifiées en 2012. Il se situe entre 2,8 et 2,9 tonnes/hectare en 2013, précise Luc Esprit. Le directeur de la FNPSMS(1) prévient : « L’offre de semences sera limitée dans l’Union européenne pour les prochains semis. Le stock en dose de semences de maïs est très faible. Nous tablons toujours sur un ratio stock sur utilisations en UE(2) de 50 %. Or, les prévisions pour 2014 seraient plutôt aux alentours de 30 à 35 %. »


Reports de choix variétaux


Pourtant, la France et d’autres pays de l’UE avaient anticipé la progression du maïs en Europe et l’augmentation des besoins en semences. Les surfaces de multiplication ont été augmentées de 14 % en un an pour les porter à 188 000 hectares en 2013 avec trois principaux acteurs, la France avec 77 500 hectares, la Hongrie (38 000 ha) et la Roumanie (33 500 ha). Las ! La Hongrie et la France ont été touchées durement par les aléas climatiques. Les stocks de semences n’ont été que partiellement reconstitués. Pour autant, Luc Esprit tient à rassurer : « Nous n’en sommes pas à parler de pénuries pour les prochains semis. Tous les maïsiculteurs auront des semences mais pour certains créneaux de précocité, il y aura des volumes moindres. Dans certains cas, il faudra reporter les choix variétaux sur d’autres indices de précocités. D’autre part, il y aura plus de semences importées de pays où elles sont produites à contre saison (Chili, Argentine…) qu’en année normale tout en ne jouant pas cette carte à fond à cause du risque de présence d’OGM. » En 2014, un programme de multiplication de semences de maïs sera reconduit dans l’UE sur les niveaux de surfaces proches de 2013.

Colère contre Bruxelles


Dans ce contexte, la décision de la Commission européenne de mettre en place un moratoire sur l’usage d’insecticides néonicotinoïdes à partir du 1er décembre 2013 tombe au plus mal. Les stocks de semences enrobées de Cruiser représentent 350 000 doses, soit 200 000 hectares semés. « Ce volume serait bien utile dans une année aussi tendue, souligne Luc Esprit. Il n’est même pas possible de les exporter dans les pays tiers car les variétés ne figurent pas à leur catalogue. Nous n’avons pas d’autre solution que de les détruire et de payer. Cela représente 30 à 35 millions d’euros ! » La filière demande un report de six mois pour écouler les stocks. p


(1) Fédération nationale de la production de semences de maïs et de sorgho.
(2) Utilisations qui intègrent aussi les exportations vers pays tiers (Russie, Ukraine…).

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