Réussir Grandes Cultures 29 janvier 2012 à 18h17 | Par Michel Portier

APPLICATION DES INTRANTS - Le GPS devient l’allié incontournable du pulvé

Du jalonnage à la modulation en passant par la coupure de tronçons, les fonctionnalités liées au GPS améliorent la précision de la pulvérisation et facilitent la maîtrise des appareils.

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La largeur croissante des rampes de pulvérisateur
favorise le recours aux automatismes GPS.
La largeur croissante des rampes de pulvérisateur favorise le recours aux automatismes GPS. - © -

La suppression de la tâche fastidieuse du jalonnage a sûrement été le meilleur argument pour faire décoller les ventes de systèmes de guidage par GPS. Plus que le gain de précision, c’est la simplification du travail et le gain de temps qui ont rapidement convaincu les utilisateurs. Car comme le rappelle Caroline Desbourdes, spécialiste agriculture de précision chez Arvalis institut du végétal, « en ayant réalisé des mesures chez des agriculteurs, la marge d’erreur est d’environ 15 centimètres chez ceux qui réalisent un jalonnage spécifique. Pour ceux qui jalonnent avec les traces laissées au semis, le recouvrement est d’environ 10 centimètres entre passage de semoir. On estime ainsi à environ 2 % la surface de recouvrement moyenne. On peut espérer récupérer 1 % de la surface avec un système d’autoguidage recevant une correction gratuite. Mais il faut une correction GPS payante ou du RTK pour approcher les 2 % ».

UN GAIN DE 3 À 4 % AVEC LA COUPURE

Profitant du signal GPS des systèmes de guidage, les constructeurs ont développé des dispositifs de gestion automatique de l’ouverture et de la fermeture des tronçons de rampe. En effet, même avec l’aide d’un système de guidage, il est très difficile de gérer la pulvérisation dans les fourrières, les pointes et les bordures avec des rampes atteignant les 40 mètres. L’automatisme offre une bien plus grande précision que les impressions visuelles de l’utilisateur. « Avec une hypothèse de 100 % de recouvrement et une précision de guidage à 10 centimètres, la coupure de tronçons assure un gain de surface de 3 à 4 % », estime Caroline Desbourdes. Avec un signal de correction moins précis de type Egnos, le bénéfice est moins important. En termes d’équipement, la plupart des constructeurs proposent dorénavant la coupure de tronçons en option. Selon les constructeurs, deux stratégies de montage sont proposées. Les marques disposant d’une console multifonction (souvent Isobus) pour piloter le pulvérisateur, intègrent le dispositif de coupure à ce même boîtier. C’est le cas des consoles Green- Star de John Deere, Novatop de Tecnoma (Müller Elektronik), Isomatch Tellus de Vicon, Amatron 3 d’Amazone, Kuhn REB3… D’autres constructeurs utilisent un deuxième boîtier servant au guidage et à la coupure de tronçons, fournit par un spécialiste des outils GPS. Ainsi, Trimble équipe Hardi-Evrard et Berthoud. Ce dernier, tout comme Vicon, offre une deuxième solution avec Tee-Jet qui fournit également son boîtier à Lemken. Caruelle- Séguip utilise le boîtier Raven.

UNE COMPATIBILITÉ AMÉLIORÉE

Progressivement, les constructeurs assurent la compatibilité de leur régulation avec différentes solutions du marché. Et pour ceux qui disposent déjà d’un système de guidage, la plupart des dispositifs sont en mesure de récupérer le signal GPS d’une antenne existante. Concernant l’équipement du pulvérisateur, il est préférable d’opter pour un modèle équipé d’une circulation continue qui offre une plus grande réactivité à l’ouverture et la fermeture de la pulvérisation. La régulation doit aussi être suffisamment réactive pour faire face aux changements de largeur de travail. Dans le fonctionnement, le système enregistre les zones traitées au fur et à mesure de l’évolution du pulvérisateur dans la parcelle. Il active ensuite automatiquement la fermeture et l’ouverture des tronçons en fonction de la configuration de la parcelle et de la trajectoire de la rampe. Sachant que l’information GPS est captée sur le tracteur, un paramétrage est nécessaire pour tenir compte de la distance séparant l’antenne de la rampe de la trajectoire du pulvérisateur. Cette dernière est conditionnée par le point d’attelage du tracteur et par la présence d’un timon suiveur ou d’un essieu directeur.

LA MODULATION PEINE À DÉCOLLER

L’utilisateur peut choisir son taux de recouvrement pour définir si la coupure du tronçon intervient en début ou en fin de recroisement du tronçon (triangle de recroisement ou de manque). Particularité de certains dispositifs, l’utilisation de la cartographie de la parcelle permet l’activation de l’automatisme sans détourage préalable. Cette cartographie est la base des fonctions de modulation et de documentation parcellaire qui peinent à se développer, faute de compatibilité entre les formats utilisés pour la cartographie. « Même avec des consoles Isobus capables de gérer la modulation, il est souvent nécessaire d’utiliser un second boîtier spécifique à la modulation », indique Carolines Desbourdes. Encore peu répandue, la modulation au pulvérisateur concerne surtout les épandages d’azote liquide, notamment pour le colza. Elle s’effectue soit en fonction de cartes de préconisation établies à partir d’images satellites (cartes FarmStar) ou de mesures de l’hétérogénéité des sols, soit à partir d’analyses de la biomasse en temps réel (Hydro N-Sensor, Green Seeker, Crop Seeker…).

Le dispositif WorkToZero ajuste le volume
à l’hectare pour finir la parcelle avec la juste
quantité de bouillie restant en cuve.
Le dispositif WorkToZero ajuste le volume à l’hectare pour finir la parcelle avec la juste quantité de bouillie restant en cuve. - © -

INNOVATIONS

Limiter les volumes résiduels et optimiser les remplissage

Au salon Agritechnica de 2011, Amazone a présenté le concept AcuraSpray. Il regroupe deux applications sur sa future console tactile Amapad : SmartRefill etWorkToZero. Fonctionnant à partir d’un calcul en temps réel des surfaces traitées et à traiter via le GPS, celles-ci impliquent que le pulvérisateur soit équipé de la coupure de tronçons GPS-Switch.

Le SmartRefill avertit lorsque l’autonomie du pulvérisateur ne permet pas d’effectuer entièrement une nouvelle ligne de traitement. L’utilisateur peut alors choisir de refaire le plein de son appareil, le système EasyFill calculant les quantités d’eau et de produit nécessaires en tenant compte du volume restant en cuve.

Seconde application, le WorkToZero permet d’ajuster le volume à l’hectare en comparant en permanence le volume restant en cuve avec le volume nécessaire pour traiter la surface restante. L’objectif est de parvenir à traiter toute la surface en se rapprochant au maximum de la dose souhaitée, tout en réduisant au maximum le volume résiduel.

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