Machinisme 16 novembre 2016 à 08h00 | Par Ludovic Vimond

Anatis bientôt commercialisé

Malgré l'arrêt de la collaboration avec Naïo Technologies, Carré a rebondi sur le projet Anatis. Cinq modèles seront commercialisés en 2017.

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- © L.Vimond

"Cinq robots seront commercialisés l'année prochaine", nous promet Benoît Carré, dirigeant de la société éponyme. Pour y parvenir, le chemin aura été un peu chaotique. Médaillé au Sima 2015, Anatis était à l'origine une collaboration entre Naïo Technologies, disposant d'un savoir-faire en robotique, et Carré SA. Mais n'étant pas parvenu à un accord gagnant, les deux sociétés ont cessé leur collaboration fin 2015. Ne souhaitant pas enterrer le projet promis à un bel avenir, Carré SA a cherché un nouveau partenaire qu'il a trouvé auprès de l'université de Nantes, ou plutôt de Capacités. Cette SAS privée, filiale de valorisation de l'Université de Nantes, est l'interface entre la recherche académique nantaise et les entreprises. "A l'origine, se rapprocher d'une structure liée à l'université était loin d'être notre premier choix, reconnaît Benoît Carré. Mais Capacités a su nous démontrer qu'il était tout à fait apte à répondre à nos besoins." Employant une soixantaine d'ingénieurs, Capacités possède un savoir-faire en robotique, en cybernétique, en informatique et en vision et traitement d'images.

Anatis ressuscité

De ce partenariat signé en début d'année, est né un nouveau robot, ou plutôt cobot, pour robot collaboratif, car l'engin réalise des tâches différentes en fonction de ce que lui demande l'opérateur.

Anatis dispose d'une antenne GPS Trimble pour se localiser et peut travailler aussi bien en planches sous serre qu'en plein champ, la seule contrainte étant la nécessité d'une zone de dégagement pour effectuer les demi-tours en bout de champ. L'utilisation du GPS permet de travailler en prélevée, mais aussi sur différentes cultures, ce qui n'était pas possible uniquement avec une caméra. Anatis garde tout de même deux caméras, l'une à l'avant pour affiner le guidage GPS, l'autre à l'arrière pour piloter la position de la bineuse. Le GPS permet en outre de définir des zones d'évitement (obstacles) dans la parcelle.

L'engin s'appuie sur quatre roues motrices directrices indépendantes. D'une puissance de 1100 W, les moteurs de roues sont logés au-dessus des roues pour pouvoir travailler au ras des serres. Anatis peut travailler en mode semi-automatique, s'arrêtant dès que l'opérateur relâche un bouton sur la télécommande, ou de façon entièrement autonome. En cas de problème rencontré, un SMS indiquant le code erreur est envoyé à l'opérateur qui agit alors en conséquence pour corriger ce problème.

D'un poids de 800 kg, d'une largeur de 1,45 m (voie variable mécanique pour atteindre 2,05 m de large), d'une garde au sol de 65 cm pour une hauteur inférieure à 1,50 m, Anatis peut etre déplacé facilement sur une remorque, derrière une voiture. Il est animé par trois batteries au plomb à décharge lente, celles qu'on trouve sur les chariots élévateurs, pour une autonomie de 4 h à une allure de 4-5 km/h. Si les batteries lithium-ion ne sont pas exclues (trop coûteuses à ce jour), la solution d'un engin hybride intégrant un petit moteur diesel est privilégiée dans les développements futurs pour augmenter l'autonomie. De même, des feux au xénon sont proposés pour pouvir travailler la nuit.

Et comme annoncé au Sima 2015, l'appareil ne se limite pas aux travaux répétitifs comme le binage. Il est ainsi capable de collecter des données et d'établir une cartographie d'enherbement, pour ne traiter qu'une petite partie de la parcelle. Et d'autres capteurs et d'autres outils pourront équiper demain ce cobot commercialisé à partir de 70 000 euros.

Sécurité : il a fallu tout prévoir

Dans ce domaine nouveau qu'est la robotique au champ, il n'existe pas de normes, pas de repères adaptés au monde agricole. Les deux partenaires ont dû réfléchir à la mise en place d'une étude normative et à l'évaluation des risques selon quatre critères que sont la fréquence, les dommages à la personne, les dommages sur le robot et la détectabilité.

Ils ont également pris des mesures d'un point de vue de la conception pour limiter les risques, comme le freinages de roues en cas de baisse de tension ou encore la double sécurité active, un capteur vérifiant qu'un autre capteur fonctionne bien.

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