Réussir Grandes Cultures 24 janvier 2017 à 08h00 | Par Propos recueillis par Lucie Debuire

« Agri-éthique, c'est le commerce équitable origine France »

Portée par tous les maillons de la filière, la démarche Agri-éthique permet à l'agriculteur de sécuriser le prix de son blé meunier pendant trois ans. L'occasion, pour lui, de se protéger contre la volatilité des prix. Ludovic Brindejonc, directeur général d'Agri-éthique, présente la démarche.

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Ludovic Brindejonc, directeur général d'Agri-éthique : "Le métier ne s'arrête pas à la production de blé, pour valoriser une filière, il faut s'investir."
Ludovic Brindejonc, directeur général d'Agri-éthique : "Le métier ne s'arrête pas à la production de blé, pour valoriser une filière, il faut s'investir." - © Cavac

Comment s'est mise en place la filière Agri-éthique ?

En septembre 2012, la coopérative agricole de Vendée, la Cavac, ses adhérents et les meuniers ont contractualisé la vente de 6 000 tonnes (t) de blé pour trois ans sur un prix et un volume donné. Ce prix était calculé selon le coût de revient de la région. À cette époque, 200 agriculteurs s'étaient engagés. Au vu des résultats, nous avions envie de partager le concept avec d'autres régions. En juin 2013, les contrats « types » étaient bouclés et nous pouvions lancer la campagne de communication d'Agri-éthique. Avec ce pacte, le prix est garanti à l'agriculteur et à tous les maillons de la filière qui est sécurisée et la charte est contrôlée par un audit extérieur.

Où en sommes-nous aujourd'hui ?

Pour la récolte 2016, 40 000 t ont été engagées. Cela représente 600 agriculteurs, 10 coopératives, 15 meuniers et environ 600 boulangers. Nous avons ouvert un volet environnemental dans notre charte. Au lieu d'imposer une mesure, chaque secteur va choisir une contrainte selon sa localité et sa spécificité et la problématique de son terroir. Par exemple, les agriculteurs peuvent choisir de piloter leurs apports d'azote par satellite, ou préserver la biodiversité. Depuis nos débuts, nous avons également beaucoup travaillé sur l'acte sociétal. Selon l'étude réalisée par Evea, Agri-éthique soutient 6500 emplois sur le territoire. Depuis cette année, nous avons commencé à communiquer sur l'aspect « commerce équitable origine France ». Quant à l'avenir, nous continuons à développer le pacte et à sécuriser les contrats actuels en blés meuniers et pourquoi pas proposer la démarche à d'autres filières comme le beurre ou les oeufs.

Quels sont les engagements des agriculteurs ?

En signant le contrat Agri-éthique, l'agriculteur s'engage à fournir un volume de blé, au maximum 30 % de sa production pendant trois ans. Il peut également choisir un cahier des charges à remplir en plus de celui existant avec sa coopérative. Il est également sollicité pour effectuer des animations. Le métier ne s'arrête pas à la production de blé, pour valoriser une filière, il faut s'investir. C'est à l'agriculteur de se réapproprier la communication. De plus, cet engagement pour trois ans fait évoluer l'agriculteur, cela crée des échanges... Pour moi, Agri-éthique a ouvert les portes entre agriculteurs et meuniers.

Michel Le Friant, Triskalia, et Fabrice Sablé, agriculteur dans le Morbihan, sont tous deux acteurs de la démarche Agri-éthique.
Michel Le Friant, Triskalia, et Fabrice Sablé, agriculteur dans le Morbihan, sont tous deux acteurs de la démarche Agri-éthique. - © L. Debuire

Agri-éthique vu de la coop

Depuis deux ans, Triskalia contractualise la vente de blé meunier à la minoterie Paulic à Saint-Gérand dans le Morbihan. En 2016, ce sont 450 000 t de blé qui ont été vendues sous la bannière Agri-éthique, soit à peine 1 % de la collecte totale. Chaque année, le meunier détermine ses besoins en blé, tant sur le niveau de la quantité que de la qualité. Avec lui, la coopérative détermine les variétés à utiliser. Puis elle trouve les producteurs. Ils sont choisis selon leur localisation. « Faire de la protéine demande un savoir-faire certes, mais aussi des terres profondes. Seuls deux silos sont pour l'instant proches de ces bassins de production et sont capables de trier et d'alloter correctement les blés destinés à la filière Agri-éthique. Nous avons donc choisi des agriculteurs proches de ces silos », illustre Michel Le Friant. Une fois collectées, les variétés sont mélangées selon la recette du meunier et envoyées à la minoterie.

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